11.02.2012

A quoi bon l'économie ?

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6° Cercle Montalembert (dimanche 12 février)

L'économie et l'Evangile : quelle parole chrétienne face à la crise ?

RV à partir de 8h00 au Collège Supérieur (17 rue Mazagran à Lyon 3°) le dimanche 12 Février 2012 - Portes grandes ouvertes !

Au programme : petit-déjeuner partagé ; à partir de 9h, conférence d'Yves Gavault, économiste ; exposés des membres du Cercle ; "atelier propagande" (entraînement au débat contradictoire) ; déjeuner fraternel...

10.02.2012

Que manifestent les catholiques ?

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Certains hommes de médias ont beaucoup crié au fascisme. Les catholiques dans la rue, ce serait la fin de la démocratie, disent les libres penseurs, ne voyant dans ces marches pourtant pacifiques qu’un retour du cléricalisme le plus dur. Il faudrait voir poindre au loin le retour de l’Inquisition et des Croisades, et de cette longue friture que fut l’histoire des catholiques en politique. Mais est-ce si évident ? Les catholiques sont-ils par essence hostiles à la démocratie ?

Ces manifestations montrent au contraire l’appétit renaissant des catholiques pour la démocratie, appétit dont on avait eu une vision fulgurante en 1984 [plus d'un million de personnes dans la rue pour défendre l'école libre contre le projet de loi Savary]. Rien n’est plus démocratique que ces tendres manifestations, qui loin de laisser déborder la colère des catholiques les plus ardents, la canalisent, et lui donnent la forme de mouvements politiques finalement assez communs. Voilà que les catholiques les plus bouillants rejoignent les syndicalistes les plus trompettants !

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En somme, loin de voir dans ces manifestations un danger pour la démocratie, il faudrait y voir son salut. Car les catholiques acceptent de jouer le jeu de la démocratie en manifestant dans la rue. Et ils participent au débat ! Dans le cas de la Marche pour la vie, ils prétendent même ouvrir un débat. Ce que manifestent les catholiques dès lors ce n’est pas un repli identitaire, c’est au contraire une ouverture au débat, et même une ouverture du débat. Il est d’ailleurs notable que ce soit les catholiques les plus intransigeants qui acceptent avec le plus de verve de manifester. Car en démocratie tout ce qui manifeste est relatif, puisque tout ce qui manifeste est l’objet d’une contre-manifestation, d’une critique, voire, comme on l’a vu, d’un boycott. Ainsi ce que montrent les catholiques, peut-être à leur cœur défendant, c’est que la vérité peut être défendue même dans un espace pluraliste ; même dans une démocratie qui traite toutes les opinions à parts égales il reste une place pour la vérité. En somme, les catholiques ont compris que la vérité ne se passe pas d’une confrontation avec les autres opinions, mais aussi que l’opinion ne doit plus se passer des catholiques.

Le problème de la démocratie, c’est qu’elle n’a pas de contenu. Elle ne dit pas toute seule : ceci est bien, ceci est mal, respectez les plus fragiles, aidez votre prochain. On pourrait très bien imaginer une parfaite démocratie où ne vivraient que des démons,  du moins où chacun vivrait dans l’individualisme le plus forcené. La démocratie a donc besoin qu’on lui fixe un programme. C’est précisément le rôle que prétendent jouer les catholiques en descendant manifester, levant haut leurs pancartes, et récitant des slogans comme il faut : eh oui, pour la vie, pour les tout petit, sauvez, sauvez, sauvez les bébés ! Ainsi les catholiques viennent remplir la liberté qui est donnée aux citoyens.

MPV 3.JPGLes catholiques auraient compris qu’ils sont eux aussi une voix qui compte dans le débat démocratique, qu’ils sont des citoyens comme les autres. Pourtant ils subissent bien l’opprobre public, voire le boycott… C’est en ce sens qu’avec l’expérience de la démocratie, les catholiques font aussi l’expérience de sa limite. Car la démocratie demande que la vérité soit défendue avec force : il ne suffit pas de prononcer la vérité pour qu’elle soit entendue, il faut aussi posséder les moyens de la communiquer. La communication de la vérité ne se fait pas sans la possession des moyens de communication. Or c’est là la grande faiblesse des catholiques, qui n’ont aucun représentant dans les grands médias, et qui subissent soit le boycott soit l’outrage. Aucun grand média n’a fait mention de la grande marche pour la vie d’il y a dix jours : TF1 par exemple s’est contenté de quelques lignes sur son site internet, et il n’y aurait eu selon ce média que quelques centaines de manifestants, alors que la moindre photographie montre qu’ils étaient au moins quelques milliers. Cela montre peut être la prochaine étape du tournant démocratique des catholiques français : il ne suffit pas d’adopter la forme démocratique pour compter politiquement, il faut en plus y joindre la force, qui n’est pas (encore) la violence.

Article de Théopol, d'Alternatives catholiques, publié sur le blog du Collège Supérieur

Pour une nouvelle économie politique

Machine.JPGL'homme ou la machine ?

Manifeste pour une économie du bien-vivre : à lire sur le site du CERAS (Centre de recherche et d'action sociales) !

Ceras.JPG« Nous sommes arrivés à la fin d’un modèle de développement fondé sur l’illusion de la toute-puissance humaine et sur une vision productiviste du monde qui voit l’expansion économique comme une fin en soi... » Devant la finitude des ressources et la vitesse du changement climatique, le constat est désormais partagé par un large spectre d’analystes et de citoyens. Non content de dresser le constat, un groupe d’universitaires et de responsables de la société civile du monde entier en appelle à l’invention de modèles économiques alternatifs, fondés sur la notion de bien-vivre.

02.02.2012

Servir la vie ou l'asservir ?

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Citoyens, RV au Collège Sup' !

6° Cercle Montalembert : A quoi bon l'économie ?

L'économie face à l'Evangile : quelle parole chrétienne ?

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RV à partir de 8h00 au Collège Supérieur (17 rue Mazagran à Lyon 3°) le dimanche 12 Février 2012 - Portes ouvertes à tous !

Economie : du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer »

Alors que les débats font rage en ce temps de crise systémique - sur le "libéralisme", sur la finance, sur la monnaie, sur la croissance, sur la régulation, sur le libre-échange, sur la mondialisation, sur les délocalisations, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat, etc. - les Chrétiens ont-ils une vision particulière des problèmes économiques ? Quel peut être le rôle des laïcs catholiques que nous sommes dans la promotion d'une économie plus juste et solidaire ?

Quelles sont les causes de la crise économique violente que nous subissons ? Quelles peuvent être les alternatives concrètes ? Que nous apprend l'Evangile et la pensée sociale de l'Eglise sur l'économie ?

"Economie solidaire" ? "Logique du don" ? "Option préférentielle pour les pauvres" ? "Destination universelle des biens" ? "Propriété privée" ? Autant de notions fondamentales à éclaircir et à mettre en perspective pour mieux comprendre les enjeux posés par la crise économique actuelle et discerner quelles alternatives, nous Chrétiens, pouvons promouvoir au service d'une économie au service du Bien commun, de tout l'homme et de tous les hommes.

8150719-deux-travailleurs-de-la-construction-b-timent-un-chafaudage--un-chantier-de-construction--la-haye-pa.jpgM. Yves Gavault, professeur d'économie et conseiller municipal de Saint Genis Laval, nous fera bénéficier de son expérience et de ses réflexions, à la lumière de l'enseignement social de l'Eglise.

       Quelques liens :

- http://www.penseesociale.catholique.fr/-Economie-.html

- http://www.discours-social-catholique.fr/

- Pépinière des entreprises Saint-Irénée

- http://www.chretiens-et-pic-de-petrole.org/

- "Au nom de la foi, pour plus de justice fiscale"

- Association des Economistes Catholiques

- L’exigence écologique chrétienne (Jean Bastaire)

"L'économie ne fonctionne pas seulement par une autorégulation de marché, mais elle a besoin d'une raison éthique pour fonctionner pour l'homme. Ici apparaît à nouveau ce que Jean-Paul II avait déjà dit dans sa première encyclique sociale : l'homme doit être au centre de l'économie et l'économie ne doit pas se mesurer en fonction d’un plus grand profit mais en fonction du bien commun" - Benoît XVI, août 2011.

Pour orienter notre réflexion dans le sens de la pensée sociale de l'Eglise, ultime boussole, voici deux extraits du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :

paris_manif_cfdt432.jpg174 : "Le principe de la destination universelle des biens invite à cultiver une vision de l'économie inspirée des valeurs morales qui permettent de ne jamais perdre de vue ni l'origine, ni la finalité de ces biens, de façon à réaliser un monde juste et solidaire, où la formation de la richesse puisse revêtir une fonction positive. En effet, la richesse présente cette valeur dans la multiplicité des formes qui peuvent l'exprimer comme résultat d'un processus productif d'élaboration technique et économique des ressources disponibles, naturelles et dérivées, conduit par l'imagination, par la capacité de programmation, par le travail des hommes, et employé comme moyen utile pour promouvoir le bien-être des hommes et des peuples et pour s'opposer à leur exclusion et à leur exploitation."La Tour.jpg

248 : "L'« économie » est née du travail domestique : la maison a longtemps été et continue d'être — dans de nombreux endroits — une unité de production et un centre de vie. D'autre part, le dynamisme de la vie économique se développe grâce à l'initiative des personnes et se réalise, en cercles concentriques, dans des réseaux toujours plus vastes de production et d'échange de biens et de services, qui touchent toujours davantage les familles. La famille doit donc être considérée, à bon droit, comme un acteur essentiel de la vie économique, orientée non pas par la logique du marché, mais par celle du partage et de la solidarité entre les générations." (Saint Joseph charpentier, Georges de La Tour, 1635)

Labor bonum arduum est

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« Le travail est avant tout pour l’homme et non l’homme pour le travail » (Laborem exercens)

Conjugant la justice sociale aux libertés économiques, Léon XIII dans Rerum Novarum (1891), texte fondateur de la pensée sociale de l'Église  nous propose quelques pistes pour "arracher à la misère" les travailleurs et "obtenir la paix et la prospérité de la société" :

Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Eglise, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires. [...]

Au témoignage commun de la raison et de la philosophie chrétienne, le travail du corps, loin d'être un sujet de honte, fait honneur à l'homme, parce qu'il lui fournit un noble moyen de sustenter sa vie. Ce qui est honteux et inhumain, c'est d'user de l'homme comme d'un vil instrument de lucre, de ne restituer qu'en proportion de la vigueur de ses bras. [...] Selon le jugement de Dieu lui-même, la pauvreté n'est pas un opprobre et il ne faut pas rougir de devoir gagner son pain à la sueur de son front. [...] L'ouvrier qui percevra un salaire assez fort pour parer aisément à ses besoins et à ceux de sa famille s'appliquera, s'il est sage, à être économe. [...] Il importe donc que les lois favorisent l'esprit de propriété, le réveillent et le développent autant qu'il est possible dans les masses populaires.

Ce résultat une fois obtenu serait la source des plus précieux avantages. Et d'abord, la répartition des biens serait certainement plus équitable. La violence des bouleversements sociaux a divisé le corps social en deux classes et a creusé entre elles un immense abîme. D'une part, une faction toute-puissante par sa richesse : maîtresse absolue de l'industrie et du commerce, elle détourne le cours des richesses et en fait affluer vers elle toutes les sources. Elle tient d'ailleurs en sa main plus d'un ressort de l'administration publique. De l'autre, une multitude indigente et faible, l'âme ulcérée [...]. Si l'on stimule l'industrieuse activité du peuple par la perspective d'une participation à la propriété du sol, l'on verra se combler peu à peu l'abîme qui sépare l'opulence de la misère et s'opérer le rapprochement des deux classes. En outre, la terre produira toute chose en plus grande abondance. Car l'homme est ainsi fait que la pensée de travailler sur un fonds qui est à lui redouble son ardeur et son application. Il en vient même jusqu'à mettre tout son coeur dans une terre qu'il a cultivée lui-même, qui lui promet, à lui et aux siens, non seulement le strict nécessaire, mais encore une certaine aisance. Tous voient sans peine les heureux effets de ce redoublement d'activité sur la fécondité de la terre et sur la richesse des nations. Un troisième avantage sera l'arrêt dans le mouvement d'émigration. Personne, en effet, ne consentirait à échanger contre une région étrangère sa patrie et sa terre natale, s'il y trouvait les moyens de mener une vie plus tolérable.

(Photographie : Araquém Alcântara) - Lu sur Le Soupirail et les Vitraux

01.02.2012

Gender et Queer : révolution profonde ou effet de mode ?

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Conférence – Débat Mardi 28 Février 2012 à 20h30
 
avec Vincent Aubin, agrégé de philosophie
 
- Devient-on homme ou femme ?
- Tout est-il « culturel » dans la distinction des sexes ?
- Peut-on choisir son « genre » ?
Telles sont certaines des questions posées par le succès actuel des « études sur le genre ». Mal connues en France, ces études ont pourtant acquis une notoriété soudaine en se frayant un chemin dans les manuels scolaires. Après l’inquiétude et les mobilisations militantes, le moment est peut-être venu de regarder de plus près ces nouvelles théories.
 

27.01.2012

Penser l'altérité

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21.01.2012

Raviver le témoignage de l'Evangile

Lyon-River_imagelarge.jpg"Plus ou moins perçue, chaque culture a un point de vue spécifique sur la nature du bien et du mal, et donc sur ce qu'est le bien-être de l'homme. Ce ressenti [...] plonge ses racines sur une conception du monde fondée sur la foi, mais aussi sur des principes éthiques découlant du Dieu de la nature. Mais ces principes sont aujourd'hui fortement érodés par de puissants courants culturels qui s'opposent frontalement aux principes moraux judéo-chrétiens, et sont de plus en plus hostiles au christianisme... A temps et contretemps, l'Eglise [...] doit annoncer l'Evangile, et proposer ses vérités morales immuables qui sont indispensables au bonheur social et personnel... Avec sa longue tradition de respect du juste rapport entre foi et raison, l'Eglise a un rôle critique à jouer contre des courants qui, au nom d'un individualisme effréné, entendent promouvoir une liberté distincte de la morale. Elle doit défendre un raisonnement moral fondé sur la loi naturelle, qui n'est pas une menace de notre liberté mais un langage permettant de comprendre notre être, et sur lequel on peut bâtir un monde plus juste et plus humain... Le témoignage de l'Eglise, qui est aussi de nature publique, entend convaincre au moyen d'arguments rationnels. La juste séparation de l'Eglise de l'Etat ne peut être interprété comme un devoir de silence face à certains sujets, ni que l'Etat n'ait pas à entendre ce que les chrétiens ont à dire sur ce qui décidera le sort de la société".

616867828.jpg"A la lumière de ces considérations, il est impératif que la communauté catholique [...] ait conscience des graves périls que court le témoignage public de l'Eglise en matière morale, face à un laïcisme radical croissant dans le monde politique et social... [...] Beaucoup d'entre vous m'ont signalé des tentatives de rejeter le droit à l'objection de conscience de fidèles ou d'institutions catholiques face à des pratiquement intrinsèquement mauvaises, ainsi qu'une tendance croissante préoccupante à réduire la liberté religieuses à l'exercice du culte, sans garantie de la liberté de conscience... On a donc besoin d'un laïcat catholique bien formé et courageux, au fort sens critique de la culture dominante, qui se dresse face à un sécularisme réductif qui voudrait délégitimer la participation de l'Eglise au débat public sur les questions fondamentales... Je tiens à saluer vos efforts pour maintenir le contact avec les fidèles qui se consacrent à la politique, afin de les renforcer dans leur responsabilité personnelle face aux choix et dans celle de témoigner de leur foi publiquement, en particulier dans le respect des grands principes que sont la défense de la vie, la dignité de la personne, la diffusion des droits humains véritables...

4108759548.jpgToute personne réaliste ne peut ignorer les difficultés actuelles de l'Eglise. Mais ceci ne doit pas nous empêcher de croire nécessaire la préservation d'un ordre social enraciné dans la tradition judéo-chrétienne, et de croire dans une nouvelle génération de catholiques dont l'expérience et les convictions seront décisives pour maintenir et raviver le témoignage de l'Eglise dans la société [...]. Ces signes des temps doivent encourager une mobilisation les forces intellectuelles et morales de la communauté catholique au service de l'évangélisation de la culture et de la civilisation de l'amour".

Extraits d'un discours de Benoît XVI, le jeudi 19 janvier 2012

15.01.2012

En marche pour la vie !

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2012 : année électorale !

C'est le moment ou jamais de faire entendre clairement la voix des défenseurs de la dignité humaine, de la conception à la mort naturelle ! Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons créer une dynamique favorable au respect de la vie en interpellant l'opinion publique et en exerçant une pression sur nos (futurs) élus.
Voici les quatre objectifs de la Marche pour la Vie du 22 janvier 2012, soutenue par de plus en plus d'évêques, le Cardinal Barbarin en tête :

> Réveiller les consciences sur la réalité de l’avortement ;
> Restaurer une maternité et une paternité libres et responsable ;
> Développer une politique familiale au service de la famille et de la Vie ;
> Faire cesser les atteintes gouvernementales à la vie humaine.

Sceptique sur l'utilité de cette marche ?

> Lire les excellentes réponses aux objections fréquentes...

Alternatives Catholiques s'associe au CAR affrété depuis Lyon par la Famille Missionnaire de Notre Dame :
- Aller-retour dans la journée du dimanche 22 janvier (cf TRACT ci-joint).
- Pour s'inscrire, écrire à lyon.fr@fmnd.org

Merci de faire tourner l'info !

Le Communiqué des AFC : Une culture de vie pour notre société

08.01.2012

5° Cercle Montalembert : à quoi bon la Nation ?

Carte-France-bleu-blanc-rouge.jpgA quelques semaines d'élections cruciales pour l'avenir de notre pays, aura lieu dimanche 15 janvier 2012 au Collège Supérieur, la cinquième matinée de formation du Cercle Montalembert, avec Jean-Noël Dumont, consacrée à l'idée de Nation : comment organiser la communauté politique face au(x) défi(s) du Bien commun ?

Pour orienter notre réflexion dans le sens de la pensée sociale de l'Eglise, ultime boussole, voici trois paragraphes du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :

157 - Le domaine des droits de l'homme s'est élargi aux droits des peuples et des nations : de fait, « ce qui est vrai pour l'homme l'est aussi pour les peuples ».Le Magistère rappelle que le droit international « repose sur le principe de l'égal respect des États, du droit à l'autodétermination de chaque peuple et de leur libre coopération en vue du bien commun supérieur de l'humanité ». La paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l'homme, mais aussi sur celui des droits des peuples, en particulier le droit à l'indépendance.

 Les droits des nations ne sont rien d'autre que « les “droits humains” considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ». La nation possède un « droit fondamental à l'existence » ; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle » ; à « mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités »; à « construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations ». L'ordre international requiert un équilibre entre particularité et universalité, que toutes les nations sont appelées à réaliser ; leur premier devoir est de vivre dans une attitude de paix, de respect et de solidarité avec les autres nations.

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168 - La responsabilité de poursuivre le bien commun revient non seulement aux individus, mais aussi à l'État, car le bien commun est la raison d'être de l'autorité politique. À la société civile dont il est l'expression, l'État doit, en effet, garantir la cohésion, l'unité et l'organisation de sorte que le bien commun puisse être poursuivi avec la contribution de tous les citoyens. L'individu, la famille, les corps intermédiaires ne sont pas en mesure de parvenir par eux-mêmes à leur développement plénier ; d'où la nécessité d'institutions politiques dont la finalité est de rendre accessibles aux personnes les biens nécessaires — matériels, culturels, moraux, spirituels — pour conduire une vie vraiment humaine. Le but de la vie sociale est le bien commun historiquement réalisable.

169 - Pour garantir le bien commun, le gouvernement de chaque pays a pour tâche spécifique d'harmoniser avec justice les divers intérêts sectoriels. La juste conciliation des biens particuliers de groupes et d'individus est une des fonctions les plus délicates du pouvoir public. En outre, il ne faut pas oublier que dans l'État démocratique, où les décisions sont prises d'ordinaire à la majorité des représentants de la volonté populaire, ceux à qui revient la responsabilité du gouvernement sont tenus d'interpréter le bien commun de leur pays, non seulement selon les orientations de la majorité, mais dans la perspective du bien effectif de tous les membres de la communauté civile, y compris de ceux qui sont en position de minorité.

21.12.2011

Prions pour la vie !

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Que tous ceux qui croient que la victoire ne s'obtient qu'en plaçant Dieu en première ligne viennent prier le 21 janvier à la veille de la grande marche nationale pour la vie ! 1h15 de prières et de chants pour que Dieu mène nos actions au service de la vie, et pour que la très Sainte Vierge protège toutes les victimes de l'anticulture de mort.                                                                                                                            Paroisse de St François-Xavier (Paris VII).

16.12.2011

Au nom de la laïcité, en marche pour la vie !

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Alternatives catholiques affrète un car au départ de Lyon - rejoignez-nous !

- Parce que rien de ce qui est humain ne nous est étranger,

- Parce que la vie humaine est sacrée, c'est-à-dire non-négociable et non-marchandable,

- Parce qu'aucune paix civile durable ne peut se fonder sur un massacre silencieux,

- Parce que tuer un enfant dans le ventre de sa mère n'est ni un droit ni un progrès mais un outrage à la dignité humaine,

Nous exigeons que soient respectés les droits de l'homme, tous les droits de l'homme : à commencer par celui de naître.

Nous exigeons que soit respectée la dignité irréductible de toute vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle.

En cette année d'élections, en ce temps de crise globale, nous exigeons que les futures mamans et les familles, cellules de base de la société, soient mieux soutenues, parce qu'elles seules, en donnant la vie, assurent l'avenir de notre pays.

En dénonçant l'avortement de masse et les transgressions qui l'accompagnent (réification de l'embryon, eugénisme...), nous ne luttons pas contre la liberté individuelle, nous défendons au contraire la condition même de son existence : le respect de l'ordre naturel.

En réclamant une législation en faveur de la vie, nous ne luttons pas contre la laïcité, nous défendons au contraire la condition même de son existence : l'autonomie du sacré (la vie elle-même) par rapport au profane et au négociable (l'organisation politique).

Nous voulons ainsi oeuvrer pacifiquement à l'éclosion d'une culture de vie, respectueuse de tout l'homme et de tous les hommes, en harmonie avec l'ensemble de la Création.

Contact : ac.mplv@gmail.com

"Le plus grand destructeur de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître" - Mère Teresa, Discours de sa réception du Prix Nobel (10 décembre 1979)

Solidaires des plus fragiles

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Solidaires des plus fragiles avec l'Alliance VITA !

13.12.2011

Soutien aux Chrétiens persécutés

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03.12.2011

Pourquoi "Alternatives Catholiques"

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Rapide réponse à trois questions fondamentales

1- A quoi bon s’engager politiquement en tant que catholique ?

Parce qu’il y a des combats qu'aujourd’hui, seuls les catholiques peuvent mener. Personne ne défendra la dignité inaliénable de la vie humaine de la conception à la mort naturelle si les catholiques ne rappellent pas publiquement, à temps et à contre-temps, que toute vie humaine est sacrée. Ces combats ne sont pas moraux, ils sont spécifiquement politiques, car ils concernent les structures globales qui organisent notre société et favorisent l’anti-culture de mort. Si nous voulons qu’advienne vraiment la civilisation de l’amour, nous devons être au premier rang pour « animer chrétiennement l’ordre temporel » et entraîner tous les hommes de bonne volonté vers la lumière de l’Evangile. Notre voix n’existera et n’influencera les débats contemporains que si nous œuvrons à un engagement politique, c’est-à-dire structuré, rationnel et collectif, et non plus seulement individuel.

2- Quels sont les combats des catholiques aujourd’hui ?

Ils sont multiples, mais rejoignent tous ces trois exigences non-négociables : défense du caractère sacré de la vie humaine, protection du mariage et de la famille, liberté de conscience. C'est seulement à partir de ces fondements que nous pourrons bâtir une société pacifiée et une économie solidaires, respectueuses de la Création. Concrètement, le premier combat est celui de la formation : travailler pour que la parole des laïcs catholiques soit audible, non pas pour la rendre acceptable, mais pour en faire une réponse aux souffrances absurdes de notre temps. Parce que la foi n’est pas une affaire privée, mais une bonne nouvelle pour la cité, les catholiques ne peuvent plus garder pour eux les trésors de sagesse qu’ils ont reçus et qu’ils doivent partager.

3- Quel est le rapport entre la foi catholique et la politique ?

La foi n’est pas d’essence politique, mais elle a des implications politiques. Elle n’est pas non plus un programme politique, mais elle fixe des principes et des fins à l’action publique. C’est pour cela que la Doctrine Sociale de l’Eglise rappelle que « l’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale fait partie de la mission d’évangélisation de l’Eglise » (§7). Nous voulons ainsi contribuer à rassembler les chrétiens autour de cette vision à la fois unique et universelle de l'homme pour mieux servir le Bien commun. En tant que jeunes laïcs, nous voulons ainsi inventer une nouvelle évangélisation politique, et oeuvrer avec d'autres à une dynamique audacieuse et novatrice qui n’aura de fécondité que si elle s’accompagne d’une politisation des catholiques.

alternativecatholique69@gmail.com

02.12.2011

Pardonné


Bref † j'étais pardonné par la Frassateam

01.12.2011

Eclairez aussi l'intérieur !

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Fêtons l'Immaculée Conception !

24.11.2011

Evangéliser par l'art

Evangéliser par l'art - Arcabas - AC_01.gifEvangéliser par l'art : pour un renouveau spirituel de l'art !

Avec la présence d'artistes et de chercheurs

Que révèlent les réactions suscitées par les spectacles controversés qui se multiplient actuellement ? Un profond malaise des chrétiens français face à la culture contemporaine.

Beaucoup de chrétiens, de toutes sensibilités, ont l'impression d'être agressés impunément par des images ridiculisant ce qu'ils ont de plus cher. Que des artistes ou des publicitaires s'emparent de manière de plus en plus violente des symboles chrétiens pour les détourner, voilà qui nous interroge sur la place du sacré dans notre société. Cependant, si nous chrétiens voulons dépasser la polémique souvent stérile, il nous faut revenir à l'essentiel : le témoignage de notre foi, l'annonce de l'Evangile. C'est pourquoi il nous semble nécessaire que les chrétiens réinvestissent pleinement le champ artistique, non seulement en dialoguant avec les artistes contemporains, mais en encourageant une démarche artistique féconde et exigeante, propre à nous élever par le beau au mystère de la transcendance. En effet, désenchantée par le matérialisme, notre société a plus que jamais besoin d'une création artistique qui puisse éveiller en chacun un désir de comprendre et de s'émerveiller. De Dante à Claudel, de Bach à Messiaen, de Giotto à Arcabas, l'histoire de l'art nous révèle que création artistique et quête spirituelle se fécondent et s'enrichissent mutuellement. Dans cette perspective, notre veillée se veut un temps de réflexion, de méditation et de prière au service d'un renouveau spirituel de l'art pour révéler la lumière du visage du Christ à une époque en manque de sens et de beauté.

Notre conviction ?
Les chrétiens ont besoin de l'art et l'art a besoin des chrétiens !

(Reproduction : "Arcabas, Les Pèlerins d'Emmaüs. Avec l'aimable autorisation de l'auteur")

11.11.2011

Nouveaux couples, nouveaux marchés

Texte d'une chronique radio de Theopol

« La chair et le sang importent peu au capitalisme ! »

affichage-eram-rp-884150b14.jpgEram a lancé au début de cette année une campagne publicitaire ciblant ce qu’on appelle les nouveaux modèles familiaux. On y voit ces nouveaux couples avec à chaque fois une phrase de leur enfant : le couple lesbien « Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré », ou encore la famille recomposée « Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré », et enfin le couple d’âge différent « Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré ». Plus qu'un scandale moral, il faudrait y voir un phénomène économique : l'émergence d'une nouveau marché ?

Assurément, c’est la loi de toute publicité, il faut faire parler, et si possible choquer. Eram ne déroge pas à la règle, et veut choquer ce qu’il reste de bon sens. Mais peu importe le scandale moral, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que ce qui est présenté comme le progrès de « nouveaux modèles familiaux » est surtout un progrès pour le marché. En effet à quoi sert une publicité ? A conquérir un marché. Il suffit d’observer n’importe quelle publicité pour voir qu’elle s’adresse aux femmes, aux hommes, aux enfants, ou aux jeunes. A chaque catégorie sociologique ses codes, que le publicitaire doit déchiffrer pour séduire. Et là la publicité est très réactionnaire : rose pour les filles, viril pour les garçons, désinvolte pour les jeunes. 

A bien considérer cette campagne publicitaire, c’est le marché de l’enfant unique qui est ici visé. Peu importe que le couple soit lesbien, recomposé, ou d’âge différent, chaque publicité présente un couple avec un unique enfant. Or cela a un sens avant tout économique. Imaginez une publicité avec une famille bien traditionnelle, une mère au chignon, un père à nœud papillon et grosses lunettes marrons, le couple étant entourés de leurs huit enfants. Maintenant inscrivez la même phrase qu’Eram : pour mes parents et mes septs frères et sœurs, la famille c’est sacré. On crierait au fachisme, ou au retour de l’intégrisme. Oui, on verrait là une apologie morbide de la fidélité doublée d’une ruineuse procréation non assistée. A vrai dire une telle publicité est impossible. La famille étant avec le monastère, la seule société communiste fonctionnant depuis les origines de l’humanité, les biens y sont divisés entre chaque membre ; donc pour une famille moyenne avec huit enfants, il ne reste pas grand-chose pour le shopping. Chaque nouvel enfant appelle un nouveau partage des richesses. eram-88415286a.jpgLa richesse d’un foyer décroit en fonction du nombre d’enfants. C’est pourquoi Eram présente une famille avec un seul enfant : c’est celle qui par définition consomme le plus. La nouvelle famille serait donc surtout recomposée aux exigences du marché. Pour Eram, si « la famille c’est sacré », elle pourrait bien montrer aussi un papa et une maman avec leur unique enfant, et pas seulement la famille homosexuelle, recomposée, ou hétéro-générationnelle. Or ce n’est pas le cas. La famille avec un papa et une maman, ça c’est du passé. Peut-être parce que c’est le passé de la Consommation. Pour le capitalisme le couple hétérosexuel est has been, parce qu’il consomme moins, et a une fâcheuse tendance à se repasser les vêtements de l’aîné au benjamin. Mais alors les couples homosexuels sont-ils toujours aussi subversifs que l’étaient les Jean Genet et les Pasolini ? Pour le capitalisme en tout cas, ils ne sont ni déviants ni pécheurs, ils sont de meilleurs consommateurs. Tout se passe comme si l’homosexualité était devenue un marché comme un autre : les couples homosexuels n’ont pas encore des droits reconnus, mais on les reconnaît déjà comme des consommateurs qu’il faut séduire.  

Pour le capitalisme, le couple hétérosexuel est donc  un modèle dépassé ? 

Oui, et il mérite d’être sacrifié, c’est pour cela qu’Eram ne fera jamais de publicité qui lui serait consacrée. Les familles au vrai sens du terme ne méritent plus d’être habillées par Eram. Et en effet, en  lisant la page Facebook d’Eram j’ai lu cette phrase d’une mère de famille désabusée : « vous venez de perdre huit clients ». C’est vrai que la famille sacrée dont parle Eram n’est pas ce que depuis des milliers d’année on appelle famille, c'est-à-dire non pas une simple association d’individus, fussent-ils issus de l’amour de deux êtres, mais association issue de l’engendrement. C’est par l’engendrement que la famille se distingue des autres associations : l’école, l’entreprise, les bonnes œuvres ne supposent pas que tous leurs membres soient nés d’un acte charnel. culture-pub-eram-samuse-L-BrZYal.jpegAinsi Eram confond le couple et la famille. Or le couple n’est pas la famille : le couple c’est l’association de deux individus, la famille c’est la lignée issue d’un engendrement. Pour qu’il y ait une famille il faut deux choses, il faut qu’il y ait de la chair et du sang. Ce n’est pas l’amour qui fonde la famille, c’est l’engendrement. Qu’une brute charme un soir une idiote, et que par mégarde un rejeton en naisse, cela suffit pour qu’il y ait famille. Mais qu’un amoureux regarde avec le plus d’intensité possible son amoureuse (ou son amoureux), cela ne fera pas famille, car aucun poupon n’est jamais né d’un sentiment. Pas de famille sans possibilité au moins organique d’engendrer. La famille n’existe pas d’abord par la volonté, mais par deux chairs qui en font naître une troisième, liée au deux premières par les liens du sang. Mais la chair et le sang importent peu au capitalisme.

03.10.2011

Laïcité : retour aux origines

marchands_du_templs.jpg?w=513&h=383Détail que l'on a tendance à oublier, le principe de la laïcité comme « distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse » a d'abord été énoncé par le Christ lui-même.

PHARISIENS : Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ?

JESUS : Faites-moi voir l'argent de l'impôt... De qui est l'effigie que voici ? Et l'inscription ?

PHARISIENS : De César.

JESUS : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.1

« À César ce qui est à César » : c'est surtout cette première moitié de la réponse qu'illustre l'épisode. Mais il existe un autre passage de l'Évangile où, d'un claquement de fouet, Jésus souligne la nécessité de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » :

La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables, et aux vendeurs de colombes il dit : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce » (Jean 2, 13-16).

Le Christ définit le Temple comme espace sacré, c'est-à-dire comme lieu du non-négociable, où littéralement, le négoce n'a pas sa place. César, en filigrane, se voit expulsé lui aussi, comme en témoignent les deniers frappés à son effigie qui s'éparpillent sur le sol.

a) Avez-vous remarqué comment Jésus arrive à la conclusion que le denier appartient à César ? Il fait constater à ses interlocuteurs qu'il porte l'effigie de l'empereur. Le mot « effigie » rend le terme « imago », employé par saint Jérôme dans sa Vulgate. Et par « imago », Jérôme ne fait que traduire le mot εἰκών des évangiles synoptiques. Ce qu'il faut rendre à, c'est ce qui appartient à, et ce qui appartient à, c'est ce qui est à l'image de, affirme le Christ. Que faut-il rendre à Dieu ? Ce qui appartient à Dieu, autrement dit, ce qui est à son image. Et justement, ce qui se trouve à l'effigie de Dieu, c'est l'homme, « créé à son image »4 : à cet endroit précis du texte de la Genèse, on retrouve le mot εἰκών dans la version de la Septante, et le terme « imago » dans la traduction latine de saint Jérôme.

b) Le Temple lui-même, dont Jésus chasse les marchands, « préfigure son mystère » (CEC § 593) auquel l'homme participe en tant que fils de Dieu :

« Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu " : il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) » (§ 364).

ab) Ces deux remarques n'en font donc qu'une : dans l'épisode de l'impôt dû à César, ce qui appartient à Dieu, c'est l'homme tout entier ; dans l'épisode des marchands, le Temple représente encore l'homme tout entier !

   Une laïcité bien comprise se doit donc de protéger l'homme, corps et âme, comme image de Dieu et Temple de l'Esprit. Elle doit le défendre contre deux envahisseurs principaux : César, mais aussi les puissances d'argent. Ce n'est pas un hasard si au moment de condamner la prostitution, l’Église rappelle que le corps humain constitue le temple de l'Esprit (CEC § 2355) : on ne peut faire de la personne humaine « une maison de commerce », un lieu de négoce. Par conséquent, l’Église se trouve en plein accord avec la laïcité lorsqu'elle affirme par la voix de Benoît XVI qu'il existe des principes non-négociables :

En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ; la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité.

Voilà l'authentique laïcité, et la plus ancienne. L'avortement, le prétendu « mariage homosexuel » dont on prépare la légalisation (et la permission d'adoption qui s'ensuivra inéluctablement), mais aussi l'exploitation de la personne humaine sous toutes ses formes, en constituent des violations manifestes. Les catholiques, non pas en dépit de la laïcité, mais au nom même de la laïcité, ont le devoir de s'y opposer.

   Chassons les marchands du Temple.

1 Matthieu, 22, 15-22 ; Marc 12, 13-17 ; Luc 20, 20-26.

Animer chrétiennement l'ordre temporel

Parce que "les questions sociales, économiques et éthiques sont de plus en plus en plus complexes", plus que jamais les laïcs catholiques sont appelés à une réflexion intense sur les exigences de la vie sociale afin d'oeuvrer au bon équilibre de la Cité :

«Les experts ont une parole qui peut aider à la réflexion des citoyens mais ne peut pas s'y substituer. L'éducation de la conscience, par le dialogue raisonné de la foi, est donc un impératif pour tout croyant s'il ne veut pas en rester à quelques formules toutes faites. Il est invité par l'Église à découvrir la richesse de son enseignement, [...] qui concerne l'homme tout entier.

« Beaucoup de comportements cyniques ou simplement irréfléchis ont conduit à la perte du sens d'une destinée commune, à commencer par l'affirmation selon laquelle chacun n'a de comptes à rendre qu'à lui-même en oubliant que les droits n'ont de sens qu'en lien avec des responsabilités […]. Lorsque le sens de l'existence ne passe plus par le lien à autrui, […] les propositions politiques de long terme sont dévalorisées. [...]
Il n'y a plus de hiérarchie des priorités et chacun réclame l'intervention de l'État pour ses problèmes particuliers », Jean-Paul II, Lettre aux évêques de France, février 2005.

Si « l'Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible [...], elle ne peut ni ne doit non plus rester à l'écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s'insérer en elle par la voie de l'argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s'affirmer ni se développer », Benoît XVI, Deus caritas est, n° 28, 2006.

Le véritable développement humain suppose « des hommes droits, des acteurs économiques et des hommes politiques fortement interpellés dans leur conscience par le souci du bien commun. La compétence professionnelle et la cohérence morale sont nécessaires l'une et l'autre ! », Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 71, 2009.

« La crise couvait depuis longtemps. Elle s'est manifestée d'abord dans le domaine écologique. Puis les crises alimentaire, financière, économique, monétaire et sociale se sont succédées rapidement, révélant une crise bien plus profonde, une crise spirituelle, une crise de sens. Cette crise du sens profond de l'existence a été masquée par une confiance excessive dans l'économie libérale. Il est clair aujourd'hui que l'économie seule ne peut fournir les réponses adéquates à tous les problèmes de société », Conférence des évêques de France, Conseil Famille et Société, Grandir dans la crise, 2011.

« L'appel que nous lançons régulièrement à promouvoir de nouveaux modes de vie n'est pas une incantation moralisante. C'est plutôt l'avertissement que la raison humaine doit lancer devant les excès de notre système », Cal André Vingt-Trois, Lourdes 2011.

« Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps. Nous sommes tous témoins du poids de souffrances, de malaises, et d'aspirations qui accompagnent les flux migratoires [...]. Il est évident que les travailleurs [étrangers] ne doivent pas être considérés comme une marchandise ou simplement comme une force de travail [...]. Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance », Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 62, 2009.

Discerner pour mieux voter

A la lumière de la pensée sociale de l'Eglise, « vision cohérente de la personne en toutes ses dimensions, inséparables les unes des autres, [qui] peut servir de guide et de mesure aux projets qu'une société doit se donner », la Conférence des évêques de France confie aux laïcs catholiques des éléments de discernement pour répondre par la participation aux élections à venir aux défis de notre époque. Extraits.

- VIE NAISSANTE : Chaque personne est unique aux yeux de Dieu. L'engagement résolu des chrétiens n'est pas dicté d'abord par une morale mais par l'amour de la vie que ni la maladie ni l'âge ne peut amoindrir. Il est impératif que les autorités publiques refusent l'instrumentalisation de l'embryon. De même, l'avortement ne peut en aucun cas être présenté comme une solution pour les mères en difficulté. Les chrétiens doivent veiller à ce que la société consacre de grands efforts pour l'accueil de la vie.

- FAMILLE : En créant l'être humain, « homme et femme », Dieu a suscité une relation de complémentarité à la fois biologique et sociale qui se retrouve dans toute la société. La différence sexuelle de l'homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain. De plus, l'union de l'homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d'accompagner le renouvellement des générations et d'accueillir les enfants pour les introduire en ce monde. La famille, fondée sur l'union durable de l'homme et de la femme, doit être aidée économiquement et défendue socialement car, à travers les enfants qu'elle porte et qu'elle éduque, c'est l'avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu.

- EDUCATION : L'éducation est une des expressions majeures du respect de la personne. Une éducation juste implique : la liberté et la responsabilité des parents, la transmission à tous des savoirs essentiels, l'attention spécifique à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine. [...]

- ENVIRONNEMENT : La terre est un don d'amour fait par le Créateur pour que l'homme soit le gérant de ce bien donné. En l'invitant à dominer la terre, Dieu ne l'a pas invité à l'épuiser ou à la détruire. C'est pourquoi l'Église invite la société à promouvoir des modes de vie respectueux de l'environnement et à intégrer cette préoccupation dans le développement économique et social. [...]

- ECONOMIE ET JUSTICE : Le travail demeure une nécessité fondamentale pour la structuration de la personne. C'est pourquoi l'objectif de toute politique économique doit être d'offrir à tous ceux qui se présentent, et en particulier aux jeunes, une perspective de travail et une véritable préparation à l'emploi. Une politique économique qui se résoudrait au maintien dans la dépendance vis-à-vis de l'État serait contraire à cet impératif. Les autorités publiques doivent créer les conditions d'une plus grande justice dans la vie économique en veillant à l'équité des salaires, des prix et des échanges. [...] Mais la société ne se limite pas aux échanges économiques : la gratuité à l'œuvre dans la vie associative et culturelle est une des conditions de sa vitalité. L’État doit encourager les citoyens à s'engager financièrement et personnellement dans des associations de tous ordres qui renforcent le tissu social.

- COOPERATION INTERNATIONALE : Le bien commun implique la paix entre personnes et entre nations. [...] Il appelle un partage des richesses et le développement des actions de coopération. Il passe par des institutions internationales dont le fonctionnement et les actions servent efficacement la dignité des personnes et des peuples. L'Église reconnaît à tout homme le droit d'émigrer pour améliorer sa situation, même s'il est regrettable que tous ne puissent pas survivre dans leurs pays. [...]

- HANDICAP : [...] Le dépistage prénatal systématique qui risque de déboucher sur l'élimination des personnes porteuses de certains handicaps remet en cause en son fondement même la solidarité envers le plus faible qui doit animer la société.

- FIN DE VIE : Toute personne, quel que soit son âge, son état de fatigue, son handicap ou sa maladie, n'en garde pas moins sa dignité. Pour cette raison, « l'euthanasie est une fausse solution au drame de la souffrance, une solution indigne de l'homme » (Benoît XVI) car elle vise, sous prétexte de compassion, à abandonner les personnes au moment où elles ont le plus besoin d'aide et d'accompagnement. [...] Le développement des soins palliatifs, fruit d'un progrès éthique et scientifique, doit être poursuivi pour que tous ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier.

- LAÏCITE : « Les catholiques n'entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique. En exprimant ce qu'ils pensent, ils ne vont pas à l'encontre de l'intelligence et de la liberté de jugement de ceux qui ne partagent pas leur foi. »

La source des crises

Pour expliquer la crise globale que nous traversons, la Conférence des évêques de France met en avant trois principaux facteurs de bouleversement qui se conjuguent et s'aggravent :

- Le formidable développement des techniques scientifiques qui incite à projeter ou même à mettre à exécution des idées qui étaient restées jusque-là au stade des rêves ou des cauchemars. Ainsi le perfectionnement de la connaissance et de la compréhension du vivant suscitent des désirs que rien ne paraît pouvoir limiter. Il est donc urgent et indispensable que l'homme puisse mieux définir qui il est, et déterminer les conditions de son propre respect. Faute d'une appréhension précise de sa dignité, il se laisse inexorablement fasciner par son pouvoir
scientifique, dont il est tenté d'attendre la solution à tous ses problèmes, en oubliant de voir ce qui risque de se retourner contre lui.

- La fin d'une certaine homogénéité culturelle de nos sociétés. [...] Ainsi coexistent aujourd'hui, à égalité de droits, des personnes ayant des origines ethniques et des références culturelles et religieuses les plus variées. Pour des citoyens de plus ou moins vieille souche, ceci peut engendrer un sentiment d'instabilité très délicat à vivre. Pour beaucoup de nouveaux arrivés, cela se traduit par le fait de se sentir mal accueillis et de ne pas pouvoir trouver une place dans une société qu'ils ne peuvent pourtant plus quitter.

- La tendance à revendiquer toujours plus ses droits sans beaucoup s'inquiéter de ses devoirs. Si les libertés individuelles ont contribué à augmenter le sens de la responsabilité personnelle, l'individualisme finit par dissoudre la vie sociale, dès lors que chacun juge toute chose en fonction de son intérêt propre. Le bien commun de tous risque d'être confondu avec la somme des avantages particuliers.

Ces transformations interrogent la conception que l'on se fait de l'homme, de sa dignité et de sa vocation. [...] L'éclatement des références éthiques fait reposer un poids moral toujours plus lourd sur la formulation des lois. Puisqu'elles jouent inévitablement un rôle de référence morale dont il convient de tenir compte, le législateur ne peut se contenter d'enregistrer l'évolution des mœurs. [...] Nous ne pouvons pas attendre du pouvoir politique plus qu'il ne peut donner. [...] Le mode de vie qui est le nôtre depuis quelques décennies ne pourra pas être celui de tous les pays du monde, ni même se maintenir perpétuellement tel quel chez nous. Depuis longtemps, avec d'autres, les papes et les évêques appellent chacun à reconsidérer sa manière de vivre, à privilégier l'être plus que l'avoir, à chercher et promouvoir un « développement intégral » pour tous.

17.09.2011

Cercle MONTALEMBERT

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Pour une action politique résolument catholique !

Nous relançons à Lyon un Cercle MONTALEMBERT, lieu de formation philosophique, historique et juridique à la lumière de la pensée sociale de l'Eglise.

Se former pour agir : notre volonté est résolument de répondre à l'appel de l'Eglise en inventant une nouvelle "évangélisation politique" et ainsi, avec la grâce de Dieu, de contribuer à la fondation d'une civilisation de l'amour, impregnée des valeurs de l'Evangile. Toute l'année, Jean-Noël Dumont nous ouvrira les portes du Collège Supérieur pour une réflexion exigeante sur les principaux points de combat à mener (avortement de masse, euthanasie, revendications LBGT, etc - 7 RV prévus), et Alternative catholique nous proposera de passer à l'action de manière audacieuse et créative pour rendre visible, notamment pendant les élections à venir, les solutions novatrices que nous voulons porter.

CONTACT : alternativecatholique69@gmail.com

04.09.2011

Manifeste, extrait 1

 Manifeste.jpgDe Theopol :

« On ne changera pas ce pauvre monde en reposoir de la Fête-Dieu », disait Bernanos. Il serait en effet vain d’œuvrer à l’édification d’une théocratie catholique. Non pas parce que ce n’est pas possible. Mais parce que de toute façon ce ne saurait être notre tâche, à nous laïcs. Le laïcat exige que nous animions spirituellement l’ordre temporel, pas que nous le spiritualisions, et a fortiori pas que nous temporalisions l’ordre de l’Esprit. Que l’Etat reste laïc, mais que les laïcs y prennent part. Le laïcat, c'est-à-dire l’œuvre spécifique des catholiques en tant que citoyens, suppose la laïcité, soit la distinction institutionnelle entre l’Eglise et l’Etat.

 Cette distinction entre Eglise et Etat concerne les institutions, pas le citoyen. Elle met le prêtre hors du champ d’action politique, pas le laïc. Tout au contraire le laïc est doublement appelé à faire entendre sa voix ; par sa vocation à faire entendre l’Evangile[1] d’une part, par l’exigence de citoyenneté d’autre part. Le laïc ne doit nullement se soumettre à une existence de catacombe, dans laquelle sa foi serait du domaine privée. Si la foi est pour lui déjà une résurrection, elle concerne tout son être, pas seulement son mythique être privé, difficile à délimiter, et qui n’est limitée qu’au prix d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom. En effet, pourquoi les catholiques ne seraient-ils pas des citoyens comme les autres ?

  Il est grand temps que les catholiques exposent publiquement, à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances. Si l’on considère les catholiques avec leurs prêtres et leur clergé, ils sont une religion ; mais si on ne regarde que les seuls laïcs, alors ils peuvent être un groupe social, ils peuvent former une masse capable et fondé à peser dans les décisions politiques au nom de valeurs universelles.



[1] Rappelons que le mot même d’Evangile désigne une bonne nouvelle que l’on apporte à la Cité.

02.09.2011

Engageons-nous, catholiques !

universite.jpgAccueillis du 25 au 28 août dans le cadre magnifique de la Sainte-Baume par les dominicains et leur belle liturgie, une cinquantaine de participants d'horizons divers (dont un avocat irlandais) se sont réunis pour réfléchir à l'engagement des catholiques en politique. Lancé par Mgr Rey et l'Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, cette première université nous a permis, à l'ombre de Sainte Marie Madeleine, apôtre des apôtres, d'approfondir le sens et l'enjeu d'une action politique spécifiquement catholique, dans le respect de la distinction du temporel et du spirituel. Les interventions nombreuses de personnalités engagées à divers titres (juriste, religieux, conseiller en communication, président d'association, écrivain, maire, député, etc.) nous ont ouvert des perspectives sur le sens et les enjeux de la mission historique des laïcs chrétiens dans nos sociétés sécularisées : « animer chrétiennement l'ordre temporel », en promouvant l'enseignement social de l'Eglise. 2011.02.02_OSP_Toulon.pngDans une variété certaine de parcours, d'âge et de sensibilité, les participants ont pu mesurer l'ampleur du défi à relever pour promouvoir un ordre plus juste au service du bien commun. Le diagnostic est sévère : malgré quelques initiatives encourageantes, les catholiques n'existent pas encore en politique, dans la mesure où ils manquent gravement de visibilité et d'efficacité. Montalembert en 1846 disait déjà : « Soyez seulement un fait, au lieu d'être une ombre, un bruit ou une ruine ». Trop longtemps les laïcs catholiques en France ont renoncé à assumer leur charge, à être le sel de la terre et la lumière du monde, déléguant frileusement leurs responsabilités temporelles à de bien médiocres alliés (au nom d'un illusoire moindre mal), parfois même à leurs adversaires les plus directs (que la pente est douce du compromis à la compromission...). Or,  c'est bien connu : quand les dégoûtés s'en vont, ne reste que les dégoûtants! C'est ainsi que, faute d'opposants solides, faute de structures catholiques opératoires, crédibles, organisées en réseaux efficaces, l'anti-culture de mort a pu progresser insidieusement dans les consciences et dans les lois, imposant en douce sa violence transgressive. Comme l'a montré avec force Pierre-Marie de Berny, fondateur d'Unitas et auteur de l'excellent « Petit manuel d'apostolat médiatique », les minorités agissantes sont plus efficaces que les majorités silencieuses dans notre démocratie d'influence. Or, les catholiques français sont encore aujourd'hui une minorité silencieuse, persuadée de n'avoir pas le droit, parce que catholique, de prendre la parole publiquement dans notre république laïque.

Voici les principales conclusions qu'à titre personnel je tire de cette première université politique et qui confirment certaines des intuitions fondamentales de notre projet lyonnais d'Alternative Catholique :

> Nécessité et fécondité d'une action politique spécifiquement catholique : l'engagement politique est un lieu privilégié de l'apostolat des laïcs, une terre de mission où, à travers l'évangélisation de la politique et la politisation des catholiques, nous pouvons réellement servir l'ultime Bien commun qu'est Dieu.

> Urgence d'une professionnalisation exigeante des mouvements qui promeuvent la pensée sociale de l’Église, notamment dans le domaine de la communication : si tout engagement catholique doit être vécu dans la prière et se faire dans la conscience de nos propres limites, si on ne changera rien sans le secours de la sainte Providence, on ne peut se contenter d'attendre et d'espérer qu'elle supplée à nos défaillances ! Rien ne peut excuser notre amateurisme.

> Réalisme face à la réalité médiatique : si la politique est un lieu de combat, parfois violent, il ne faut pas fantasmer la malveillance des médias et des responsables politiques qui pour la plupart sont plus indifférents qu'hostiles. Nous sommes les premiers, sinon les seuls, responsables de notre impuissance politique. Dans la mesure où les médias cherchent de plus en plus le clash, actuellement la radicalité paie : c'est pourquoi on gagne à assumer sa foi catholique de manière décomplexée - et intelligente.

> Investissement de l'ensemble de la communauté politique pour la refonder sur des bases plus saines : "Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun" (Exhort. apost. Christifideles laici, 1988). L'engagement politique ne se résume en effet pas aux échéances électorales : outre la pratique quotidienne de la vie chrétienne, l'engagement associatif et intellectuel, la création artistique, de nombreuses sphères d'influence et de décision restent insuffisamment investies par les catholiques : mandats locaux, évidemment, mais aussi postes de conseillers ou d'assistants parlementaires, etc.

> La formation doit être orientée vers l'action concrète et l'action doit s'enraciner dans une formation solide. Sans cette association vivante, on risque de se perdre dans deux impasses : d'une part, la formation pour la formation, comme le poisson dans son bocal - l'éternel étudiant enfermé dans sa bibliothèque, le cercle reproduisant chaque année ses mêmes réunions de réflexion ; d'autre part, l'action sans formation, comme un coup d'épée dans l'eau – le groupe d'excités qui fonce avant de savoir où il va.

> L'engagement en politique est un service, un service rendu à la cité, une oeuvre de charité à l'égard de notre pays et de ses habitants. Ainsi l'ambition personnelle de celui qui s'engage, sans laquelle il ne fera rien de bon, doit-elle être clairement subordonnée à sa volonté de mettre ses compétences au service du bien commun, sous peine de n'être qu'une énième cymbale qui résonne dans la cacophonie du pouvoir.

Laissons le même Montalembert nous exhorter :

Volontiers les catholiques blâment le pouvoir et critiquent le Gouvernement. Mais pour avoir le droit de blâmer et de critiquer, il faut être soi-même à l'abri de tout reproche. [...] Trois ou quatre d'entre vous ont combattu pour tous ; vous les avez regardés faire, comme si ce n'était pas de vous qu'il s'agissait ; et vous avez recommencé à blâmer, à censurer, à critiquer, en ayant soin de vous dérober, je ne dis pas seulement à tout danger, mais à toute peine, à toute gêne, à tout sacrifice. (« Du devoir des catholiques dans les élections », 1846).

01.09.2011

Le sang coule, les Chrétiens dorment

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Nous sommes en guerre et nous ne le savons pas.

Nos ennemis, les promoteurs de l'anti-culture de mort, largement maçonnisés, eux le savent bien. Mais nous, trop contents qu'en France le laïcisme idéologique nous laisse à peu près vivre notre foi, bourgeoisement, nous nous satisfaisons de quelques grognements dans nos salons et dans nos sacristies, tandis que le législateur, asservi aux pressions idéologico-financières, bouleverse tranquillement les fondements mêmes de l'ordre naturel.

Si l'Etat s'arroge indûment le pouvoir sur les consciences et sur les vies, c'est parce que par confort nous avons préféré lui abandonner notre responsabilité. Si notre pays, tranquillement, met en place un eugénisme d'Etat à travers le dépistage systématique des embryons jugés indésirables (et en premier lieu, des trisomiques), rattrapant les pires horreurs totalitaires et les pires cauchemars de la Science-fiction, c'est parce que nous n'avons pas eu le courage de le voir et de le dénoncer.

Nous sommes trop gentils - en fait, souvent, profondément débiles.

A cause de notre lâcheté, de notre aveuglément, de notre souci du consensuel, nous tendons la main à notre adversaire, au lieu de le désarmer. Nous l'embrassons au lieu de l'affronter. Nous avons oublié qu'à la suite du Christ, nous sommes appelés à être "signes de contradiction", parce que nous servons l'amour et non pas la puissance, la vie et non pas la mort. Parce que nous sommes dans le monde, mais pas du monde. Nous avons oublié que nous étions levain et non pas farine, sel et non pas sucre.

(Prêtres et non pas proies, prophètes et non pas carpettes, rois et non pas rats !)

Nous, Chrétiens, avons manqué trop longtemps à notre mission de témoins de la vie, contre tous les processus de déshumanisation (désincarnation/déspiritualisation) : de l'avortement de masse à l'euthanasie, en passant par la destruction de la famille, le délire du Gender, la marchandisation et la virtualisation des rapports sociaux, le déracinement de masse, le saccage productiviste de la nature, etc., nous finissons par tout accepter et tout légitimer.

Par crainte de jouer les sempiternels Cassandre, nous sommes devenus des scaphandres - inertes, maladroits, engourdis, engoncés, silencieux, ridicules. Nous ne nous réveillons qu'au crépuscule. Au lieu d'être des veilleurs, des guetteurs de l'aube, nous sommes des râleurs du petit soir, experts dans l'art de lancer les batailles quand elles sont déjà perdues (cf. l'agitation légitime mais hélas bien trop tardive contre l'intégration de l'idéologie du gender à l'école) : en plus d'être impuissants, nous sommes grotesques.

(Epées dans l'eau. Banderilles dans le sable.)

Notre indécrottable complexe d'infériorité à l'égard des idéologies dites progressistes, profondément mortifères, nous paralyse quand il faudrait s'activer. Nous perdons à chaque fois, parce que nous préférons la modération à la radicalité. Parce que nous nous fions aux intentions plutôt qu'aux actes (tel candidat parle de "dignité humaine" ou prétend "liquider 68", et emplis de gratitude, la larme à l'oeil, nous courons le soutenir). Parce que nous regardons les détails (en juin 2011, l'UMP vote encore contre la parodie homosexuelle du mariage) et négligeons les tendances (on y arrive, cf. la déclaration clairvoyante de Bachelot). Parce que nous refusons de trancher, d'entrer en dissidence, de prendre le maquis. Parce que nous oublions que nous avons à transmettre au monde une parole brûlante, exigeante, proprement révolutionnaire, qui est l'Evangile même, le scandale des Béatitudes, seul antidote définitif aux maux qui nous accablent.

C'est pourquoi, afin de mieux servir le bien commun (influencer les débats, peser dans les décisions), il nous faut retrouver enfin le courage de l'adversité : faire face pour faire masse, dénoncer pour déciller, résister pour avancer, proposer pour rassembler. Car c'est par l'audace, l'intelligence, la lucidité, de notre prise de parole que s'ouvre le témoignage politique auquel de toute urgence, aujourd'hui comme hier, l'Evangile nous appelle.

Témoignage, oui, c'est-à-dire martyre.

(Le Soupirail et les vitraux)

31.08.2011

Le défi de la parole chrétienne

L'incroyant Camus, les chrétiens et l'anti-culture de mort :

camus_enavant.jpgAlors qu'aujourd'hui, tant de Chrétiens parlent pour ne rien dire, ou plutôt disent la même chose que le monde, avec les mots mêmes du monde, à peine colorés du prêchi-prêcha démocrate-chrétien, Camus nous lance encore ce défi :

« Ce que le monde attend des chrétiens est que les chrétiens parlent, à haute et claire voix, et qu'ils portent leur condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un seul doute, ne puisse se lever dans le cœur de l'homme le plus simple. C'est qu'ils sortent de l'abstraction et qu'ils se mettent en face de la figure ensanglantée qu'a prise l'histoire d'aujourd'hui. Le rassemblement dont nous avons besoin est un rassemblement d'hommes décidés à parler clair et à payer de leur personne. »

            (« Fragments d'un exposé fait au couvent des dominicains de Latour-Maubourg en 1948 », Actuelles, Ecrits politiques, Chroniques (1944-1948), Paris, Gallimard, 1950, p. 212)

24.08.2011

Dissidence alternative

Libre recension du Manifeste pour un christianisme engagé de Thibaut Dary
(Forum Salvator, 2007)

Quelle influence pour les disciples du Christ dans des sociétés occidentales déjà profondément sécularisées ?

340x_2012.jpgC’est la question que ce petit livre (158 p.) s’efforce d’éclaircir. Le nihilisme contemporain exige des Chrétiens une réponse à la hauteur des processus de déshumanisation que nos sociétés subissent : de l’avortement de masse à l’exploitation des immigrés clandestins, en passant par le saccage des écosystèmes, l’anti-culture de mort n’épargne personne. Se parant de bonnes intentions (trier les embryons et tuer les vieillards, mais toujours pour leur bien), elle se diffuse d’autant plus profondément qu’elle rend tout un chacun à la fois complice et victime. Face au cynisme libéral-libertaire du « capitalisme tardif », mélange de relativisme et de mercantilisme déplaçant à sa guise les frontières du bien et du mal, quelle(s) alternative(s) ?

Thibaut Dary appelle les chrétiens à porter dans un monde parfois hostile, souvent indifférent, une parole chrétienne plus haute et plus ferme : « restaurer la visibilité chrétienne » (p. 23) est par conséquent la priorité de ceux qui veulent rendre audible la voix de l’Evangile. La « pastorale de l’enfouissement », loin d’imprégner en profondeur le corps social, a dissout la différence chrétienne dans les sables mouvants de l'époque. Mais le poisson meurt de trop s'enfoncer dans la vase. Renonçant à êtres signes de contradiction, nous avons cédé à la facilité de l’acquiescement. pin04_lgdc22nc.jpgRenonçant à être lumière du monde, nous avons prétendu n’être qu’un néon quelconque. Renonçant à être sel de la terre, nous nous sommes contentés de saupoudrer la nausée nihiliste de sucre humanitariste. Vae victis ! L’expérience historique et quotidienne nous prouve qu’au terme du processus de subversion des repères anthropologiques judéo-chrétiens, il n’y a guère que désespérance et suicide. « Au beau milieu d’un Verdun collectif dans lequel une grande partie de ceux qui vivent au-delà de son espace vital sont plutôt à l’état de gazés », le chrétien ne peut plus se taire, se satisfaire de quelques gestes qui soulagent sa conscience, mais « rendre au monde ce service d’y porter la Bonne Nouvelle, qui en plus de lui apporter la vie éternelle, est déjà un bienfait social en réponse à ses profondes blessures » (p. 57). S’engager à la fois dans une opposition radicale et dans une proposition constructive. Contre la ruine progressive mais systématique de la lex naturae, dans tous les aspects de la vie humaine : philosophique, moral, social, économique, écologique. Pour une civilisation de l’amour fondée sur des principes non-négociables, où le respect de la dignité de la personne prime sur tous les intérêts égoïstes.

Mais pour que l’alternative chrétienne puisse exister comme force effective de progrès social, il faut qu’elle soit plus forte et plus claire, et donc que ses initiateurs soient unis. Former « une société en marche dans une société en panne », un mouvement libérateur face à l’aporie relativiste, exige d’abord « le rassemblement pour faire face à la dispersion, qui contient en germe la disparition » (p. 117). Non pas sous forme d’un « plan programmé », mais d’un « comportement spontané » prenant la forme d’une « résistance », d’un « contre-modèle » dynamique. WEB_CHEMIN_2972_1298392775.jpgNotre vocation profonde – levain dans la pâte – exige l’expression claire d’une différence, et peut-être de plus en plus, d’une dissidence – pourvu qu’elle soit crédible, fondée sur le souci du bien commun (cf. P. Darantière, Pour une action politique catholique, Editions de Paris, 2006). « Dissidence intérieure » (Philippe Maxence) avec le modèle de la société marchande, productiviste et consumériste. Dissidence joyeuse qui, à travers une orthopraxie radicale, conduit à rompre progressivement avec les diktats modernes et à « restaurer peu à peu une pratique plus évangélique de l’existence » (p. 91). Il nous faut « vivre un catholicisme disruptif » qui « cesse de penser et d’agir selon les canons et les codes habituels, et en l’espèce, selon ceux d’un monde déchristianisé ou en voie de déchristianisation ».

Promouvoir une « société chrétienne dans la société païenne », c’est en somme former une « société de contraste », capable de trancher avec la dépression ambiante par son rayonnement provocateur. « Nous ne pouvons plus être à la traîne du monde [...] : nous devons le précéder en définissant les solutions d’avenir et être les moteurs du progrès, quitte à commencer tout modestement » (p. 89). Les communautés chrétiennes doivent chercher à vivre l’idéal d’une cohésion ouverte, c’est-à-dire demeurer suffisamment accueillantes pour ne jamais tomber dans la ghettoïsation, tout en assumant suffisamment leur identité pour pouvoir justement, sans risque de désintégration, recevoir l’altérité. Benoît XVI invite ainsi les jeunes à « avoir le courage de créer des îlots, des oasis, puis de grands terrains de culture catholique, dans lesquels on puisse vivre le dessein du Créateur », en préférant aux tentations modernes « un style de vie sobre et solidaire, des relations d’affection sincère et pure, un engagement honnête dans l’étude et le travail, l’intérêt profond pour le bien commun » (p. 128). Nous devons ainsi nous réunir pour mieux servir. Construire, non pas « une planque », « un univers aseptisé, sécurisé, où vivre tranquillement hors du monde », mais « une retraite, protectrice et temporaire, pour nous permettre une présence plus féconde dans le monde », puisqu’« il s’agit moins de se protéger que de se fortifier » afin de chercher à bâtir « des structures sociales plus saines qui pourront accueillir tous les hommes » (p. 129).