23.03.2011

L'exigence du mieux

I-Moyenne-291-manifeste-pour-un-christianisme-engage.jpgDans son Manifeste pour un christianisme engagé (Salvator, 2007), Thibaut Dary revient sur ce qu’implique la notion de points « non-négociables » :

«[S]i les chrétiens reconnaissent que le gouvernement des affaires terrestres est « l’art du possible », et qu’il faut parfois choisir un « moindre mal », cette logique a une condition en matière électorale, qui est celle de participer à un mouvement d’amélioration […] En résumé, on ne peut pas voter pour quelqu’un qui va empirer les choses sous l’unique prétexte que son adversaire va les empirer encore plus : […] le moins pire des deux gagnerait alors à ce jeu le soutien automatique des chrétiens. On voit qu’on passe alors de la logique de moindre mal à celle du moindre pire. […]

Or, nous ne pouvons être tenus de collaborer à un progrès dans le mal, même s’il s’agit d’un moindre progrès. […] Il vient un moment où la conscience des chrétiens doit opposer un non possumus aux pratiques ou projets de l’époque, et je crois que ce moment est venu. C’est une attitude radicale, qui n’aura du sens que si elle est relayée par plus en plus de croyants à moyen ou long terme. […]

Avec l’idée d’un moindre mal relatif, on crée un sophisme mental qui entraîne la collaboration formelle avec le mal et le pire.

[E]st-ce que les catholiques ne devraient pas désormais monnayer leur vote, de façon massive, sans état d’âme, quitte à faire de la surenchère face aux partis ? Ma voix contre une loi, ma voix au plus offrant, sinon je m’abstiens » (Via le SB)

Autrement dit, un Catholique ne peut ni ne doit choisir entre deux pires, entre la peste et le choléra, entre Charybde et Scylla, entre...

Commentaires

Où l'on voit bien que la notion de parti catholique est devenue nécessaire. Car ce groupe dont il parle, qui monnayerait sa voix contre d'alléchantes propositions, pourquoi ne ferait-il pas lui même ses propositions? Pourquoi les catholiques seraient les éternelles brebis galleuses de la démocratie, toujours incapables de prendre leur destin en main? Aller plus loin, donc, et refuser de se laisser une fois encore instrumentalisé par un Système occupé par la sauvegarde de sa décrépitude; et accepter que notre voie ne sera pas suivie à moins d'être porté par une masse organisé, ce qu'on appelle au sens large un "parti".

Écrit par : Theopol | 04.04.2011

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