21.12.2011
Prions pour la vie !
Que tous ceux qui croient que la victoire ne s'obtient qu'en plaçant Dieu en première ligne viennent prier le 21 janvier à la veille de la grande marche nationale pour la vie ! 1h15 de prières et de chants pour que Dieu mène nos actions au service de la vie, et pour que la très Sainte Vierge protège toutes les victimes de l'anticulture de mort. Paroisse de St François-Xavier (Paris VII).
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16.12.2011
Au nom de la laïcité, en marche pour la vie !
Alternatives catholiques affrète un car au départ de Lyon - rejoignez-nous !
- Parce que rien de ce qui est humain ne nous est étranger,
- Parce que la vie humaine est sacrée, c'est-à-dire non-négociable et non-marchandable,
- Parce qu'aucune paix civile durable ne peut se fonder sur un massacre silencieux,
- Parce que tuer un enfant dans le ventre de sa mère n'est ni un droit ni un progrès mais un outrage à la dignité humaine,
Nous exigeons que soient respectés les droits de l'homme, tous les droits de l'homme : à commencer par celui de naître.
Nous exigeons que soit respectée la dignité irréductible de toute vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle.
En cette année d'élections, en ce temps de crise globale, nous exigeons que les futures mamans et les familles, cellules de base de la société, soient mieux soutenues, parce qu'elles seules, en donnant la vie, assurent l'avenir de notre pays.
En dénonçant l'avortement de masse et les transgressions qui l'accompagnent (réification de l'embryon, eugénisme...), nous ne luttons pas contre la liberté individuelle, nous défendons au contraire la condition même de son existence : le respect de l'ordre naturel.
En réclamant une législation en faveur de la vie, nous ne luttons pas contre la laïcité, nous défendons au contraire la condition même de son existence : l'autonomie du sacré (la vie elle-même) par rapport au profane et au négociable (l'organisation politique).
Nous voulons ainsi oeuvrer pacifiquement à l'éclosion d'une culture de vie, respectueuse de tout l'homme et de tous les hommes, en harmonie avec l'ensemble de la Création.
Contact : ac.mplv@gmail.com
"Le plus grand destructeur de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître" - Mère Teresa, Discours de sa réception du Prix Nobel (10 décembre 1979)
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Solidaires des plus fragiles
Solidaires des plus fragiles avec l'Alliance VITA !
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13.12.2011
Soutien aux Chrétiens persécutés
00:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.12.2011
Pourquoi "Alternatives Catholiques"
Rapide réponse à trois questions fondamentales
1- A quoi bon s’engager politiquement en tant que catholique ?
Parce qu’il y a des combats qu'aujourd’hui, seuls les catholiques peuvent mener. Personne ne défendra la dignité inaliénable de la vie humaine de la conception à la mort naturelle si les catholiques ne rappellent pas publiquement, à temps et à contre-temps, que toute vie humaine est sacrée. Ces combats ne sont pas moraux, ils sont spécifiquement politiques, car ils concernent les structures globales qui organisent notre société et favorisent l’anti-culture de mort. Si nous voulons qu’advienne vraiment la civilisation de l’amour, nous devons être au premier rang pour « animer chrétiennement l’ordre temporel » et entraîner tous les hommes de bonne volonté vers la lumière de l’Evangile. Notre voix n’existera et n’influencera les débats contemporains que si nous œuvrons à un engagement politique, c’est-à-dire structuré, rationnel et collectif, et non plus seulement individuel.
2- Quels sont les combats des catholiques aujourd’hui ?
Ils sont multiples, mais rejoignent tous ces trois exigences non-négociables : défense du caractère sacré de la vie humaine, protection du mariage et de la famille, liberté de conscience. C'est seulement à partir de ces fondements que nous pourrons bâtir une société pacifiée et une économie solidaires, respectueuses de la Création. Concrètement, le premier combat est celui de la formation : travailler pour que la parole des laïcs catholiques soit audible, non pas pour la rendre acceptable, mais pour en faire une réponse aux souffrances absurdes de notre temps. Parce que la foi n’est pas une affaire privée, mais une bonne nouvelle pour la cité, les catholiques ne peuvent plus garder pour eux les trésors de sagesse qu’ils ont reçus et qu’ils doivent partager.
3- Quel est le rapport entre la foi catholique et la politique ?
La foi n’est pas d’essence politique, mais elle a des implications politiques. Elle n’est pas non plus un programme politique, mais elle fixe des principes et des fins à l’action publique. C’est pour cela que la Doctrine Sociale de l’Eglise rappelle que « l’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale fait partie de la mission d’évangélisation de l’Eglise » (§7). Nous voulons ainsi contribuer à rassembler les chrétiens autour de cette vision à la fois unique et universelle de l'homme pour mieux servir le Bien commun. En tant que jeunes laïcs, nous voulons ainsi inventer une nouvelle évangélisation politique, et oeuvrer avec d'autres à une dynamique audacieuse et novatrice qui n’aura de fécondité que si elle s’accompagne d’une politisation des catholiques.
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02.12.2011
Pardonné
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01.12.2011
Eclairez aussi l'intérieur !
22:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2011
Evangéliser par l'art
Evangéliser par l'art : pour un renouveau spirituel de l'art !
Avec la présence d'artistes et de chercheurs
Que révèlent les réactions suscitées par les spectacles controversés qui se multiplient actuellement ? Un profond malaise des chrétiens français face à la culture contemporaine.
Beaucoup de chrétiens, de toutes sensibilités, ont l'impression d'être agressés impunément par des images ridiculisant ce qu'ils ont de plus cher. Que des artistes ou des publicitaires s'emparent de manière de plus en plus violente des symboles chrétiens pour les détourner, voilà qui nous interroge sur la place du sacré dans notre société. Cependant, si nous chrétiens voulons dépasser la polémique souvent stérile, il nous faut revenir à l'essentiel : le témoignage de notre foi, l'annonce de l'Evangile. C'est pourquoi il nous semble nécessaire que les chrétiens réinvestissent pleinement le champ artistique, non seulement en dialoguant avec les artistes contemporains, mais en encourageant une démarche artistique féconde et exigeante, propre à nous élever par le beau au mystère de la transcendance. En effet, désenchantée par le matérialisme, notre société a plus que jamais besoin d'une création artistique qui puisse éveiller en chacun un désir de comprendre et de s'émerveiller. De Dante à Claudel, de Bach à Messiaen, de Giotto à Arcabas, l'histoire de l'art nous révèle que création artistique et quête spirituelle se fécondent et s'enrichissent mutuellement. Dans cette perspective, notre veillée se veut un temps de réflexion, de méditation et de prière au service d'un renouveau spirituel de l'art pour révéler la lumière du visage du Christ à une époque en manque de sens et de beauté.
Notre conviction ?
Les chrétiens ont besoin de l'art et l'art a besoin des chrétiens !
(Reproduction : "Arcabas, Les Pèlerins d'Emmaüs. Avec l'aimable autorisation de l'auteur")
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11.11.2011
Nouveaux couples, nouveaux marchés
Texte d'une chronique radio de Theopol
« La chair et le sang importent peu au capitalisme ! »
Eram a lancé au début de cette année une campagne publicitaire ciblant ce qu’on appelle les nouveaux modèles familiaux. On y voit ces nouveaux couples avec à chaque fois une phrase de leur enfant : le couple lesbien « Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré », ou encore la famille recomposée « Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré », et enfin le couple d’âge différent « Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré ». Plus qu'un scandale moral, il faudrait y voir un phénomène économique : l'émergence d'une nouveau marché ?
Assurément, c’est la loi de toute publicité, il faut faire parler, et si possible choquer. Eram ne déroge pas à la règle, et veut choquer ce qu’il reste de bon sens. Mais peu importe le scandale moral, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que ce qui est présenté comme le progrès de « nouveaux modèles familiaux » est surtout un progrès pour le marché. En effet à quoi sert une publicité ? A conquérir un marché. Il suffit d’observer n’importe quelle publicité pour voir qu’elle s’adresse aux femmes, aux hommes, aux enfants, ou aux jeunes. A chaque catégorie sociologique ses codes, que le publicitaire doit déchiffrer pour séduire. Et là la publicité est très réactionnaire : rose pour les filles, viril pour les garçons, désinvolte pour les jeunes.
A bien considérer cette campagne publicitaire, c’est le marché de l’enfant unique qui est ici visé. Peu importe que le couple soit lesbien, recomposé, ou d’âge différent, chaque publicité présente un couple avec un unique enfant. Or cela a un sens avant tout économique. Imaginez une publicité avec une famille bien traditionnelle, une mère au chignon, un père à nœud papillon et grosses lunettes marrons, le couple étant entourés de leurs huit enfants. Maintenant inscrivez la même phrase qu’Eram : pour mes parents et mes septs frères et sœurs, la famille c’est sacré. On crierait au fachisme, ou au retour de l’intégrisme. Oui, on verrait là une apologie morbide de la fidélité doublée d’une ruineuse procréation non assistée. A vrai dire une telle publicité est impossible. La famille étant avec le monastère, la seule société communiste fonctionnant depuis les origines de l’humanité, les biens y sont divisés entre chaque membre ; donc pour une famille moyenne avec huit enfants, il ne reste pas grand-chose pour le shopping. Chaque nouvel enfant appelle un nouveau partage des richesses.
La richesse d’un foyer décroit en fonction du nombre d’enfants. C’est pourquoi Eram présente une famille avec un seul enfant : c’est celle qui par définition consomme le plus. La nouvelle famille serait donc surtout recomposée aux exigences du marché. Pour Eram, si « la famille c’est sacré », elle pourrait bien montrer aussi un papa et une maman avec leur unique enfant, et pas seulement la famille homosexuelle, recomposée, ou hétéro-générationnelle. Or ce n’est pas le cas. La famille avec un papa et une maman, ça c’est du passé. Peut-être parce que c’est le passé de la Consommation. Pour le capitalisme le couple hétérosexuel est has been, parce qu’il consomme moins, et a une fâcheuse tendance à se repasser les vêtements de l’aîné au benjamin. Mais alors les couples homosexuels sont-ils toujours aussi subversifs que l’étaient les Jean Genet et les Pasolini ? Pour le capitalisme en tout cas, ils ne sont ni déviants ni pécheurs, ils sont de meilleurs consommateurs. Tout se passe comme si l’homosexualité était devenue un marché comme un autre : les couples homosexuels n’ont pas encore des droits reconnus, mais on les reconnaît déjà comme des consommateurs qu’il faut séduire.
Pour le capitalisme, le couple hétérosexuel est donc un modèle dépassé ?
Oui, et il mérite d’être sacrifié, c’est pour cela qu’Eram ne fera jamais de publicité qui lui serait consacrée. Les familles au vrai sens du terme ne méritent plus d’être habillées par Eram. Et en effet, en lisant la page Facebook d’Eram j’ai lu cette phrase d’une mère de famille désabusée : « vous venez de perdre huit clients ». C’est vrai que la famille sacrée dont parle Eram n’est pas ce que depuis des milliers d’année on appelle famille, c'est-à-dire non pas une simple association d’individus, fussent-ils issus de l’amour de deux êtres, mais association issue de l’engendrement. C’est par l’engendrement que la famille se distingue des autres associations : l’école, l’entreprise, les bonnes œuvres ne supposent pas que tous leurs membres soient nés d’un acte charnel.
Ainsi Eram confond le couple et la famille. Or le couple n’est pas la famille : le couple c’est l’association de deux individus, la famille c’est la lignée issue d’un engendrement. Pour qu’il y ait une famille il faut deux choses, il faut qu’il y ait de la chair et du sang. Ce n’est pas l’amour qui fonde la famille, c’est l’engendrement. Qu’une brute charme un soir une idiote, et que par mégarde un rejeton en naisse, cela suffit pour qu’il y ait famille. Mais qu’un amoureux regarde avec le plus d’intensité possible son amoureuse (ou son amoureux), cela ne fera pas famille, car aucun poupon n’est jamais né d’un sentiment. Pas de famille sans possibilité au moins organique d’engendrer. La famille n’existe pas d’abord par la volonté, mais par deux chairs qui en font naître une troisième, liée au deux premières par les liens du sang. Mais la chair et le sang importent peu au capitalisme.
20:05 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.10.2011
Laïcité : retour aux origines
Détail que l'on a tendance à oublier, le principe de la laïcité comme « distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse » a d'abord été énoncé par le Christ lui-même.
PHARISIENS : Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ?
JESUS : Faites-moi voir l'argent de l'impôt... De qui est l'effigie que voici ? Et l'inscription ?
PHARISIENS : De César.
JESUS : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.1
« À César ce qui est à César » : c'est surtout cette première moitié de la réponse qu'illustre l'épisode. Mais il existe un autre passage de l'Évangile où, d'un claquement de fouet, Jésus souligne la nécessité de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » :
La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables, et aux vendeurs de colombes il dit : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce » (Jean 2, 13-16).
Le Christ définit le Temple comme espace sacré, c'est-à-dire comme lieu du non-négociable, où littéralement, le négoce n'a pas sa place. César, en filigrane, se voit expulsé lui aussi, comme en témoignent les deniers frappés à son effigie qui s'éparpillent sur le sol.
a) Avez-vous remarqué comment Jésus arrive à la conclusion que le denier appartient à César ? Il fait constater à ses interlocuteurs qu'il porte l'effigie de l'empereur. Le mot « effigie » rend le terme « imago », employé par saint Jérôme dans sa Vulgate. Et par « imago », Jérôme ne fait que traduire le mot εἰκών des évangiles synoptiques. Ce qu'il faut rendre à, c'est ce qui appartient à, et ce qui appartient à, c'est ce qui est à l'image de, affirme le Christ. Que faut-il rendre à Dieu ? Ce qui appartient à Dieu, autrement dit, ce qui est à son image. Et justement, ce qui se trouve à l'effigie de Dieu, c'est l'homme, « créé à son image »4 : à cet endroit précis du texte de la Genèse, on retrouve le mot εἰκών dans la version de la Septante, et le terme « imago » dans la traduction latine de saint Jérôme.
b) Le Temple lui-même, dont Jésus chasse les marchands, « préfigure son mystère » (CEC § 593) auquel l'homme participe en tant que fils de Dieu :
« Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu " : il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) » (§ 364).
ab) Ces deux remarques n'en font donc qu'une : dans l'épisode de l'impôt dû à César, ce qui appartient à Dieu, c'est l'homme tout entier ; dans l'épisode des marchands, le Temple représente encore l'homme tout entier !
Une laïcité bien comprise se doit donc de protéger l'homme, corps et âme, comme image de Dieu et Temple de l'Esprit. Elle doit le défendre contre deux envahisseurs principaux : César, mais aussi les puissances d'argent. Ce n'est pas un hasard si au moment de condamner la prostitution, l’Église rappelle que le corps humain constitue le temple de l'Esprit (CEC § 2355) : on ne peut faire de la personne humaine « une maison de commerce », un lieu de négoce. Par conséquent, l’Église se trouve en plein accord avec la laïcité lorsqu'elle affirme par la voix de Benoît XVI qu'il existe des principes non-négociables :
En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ; la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité.
Voilà l'authentique laïcité, et la plus ancienne. L'avortement, le prétendu « mariage homosexuel » dont on prépare la légalisation (et la permission d'adoption qui s'ensuivra inéluctablement), mais aussi l'exploitation de la personne humaine sous toutes ses formes, en constituent des violations manifestes. Les catholiques, non pas en dépit de la laïcité, mais au nom même de la laïcité, ont le devoir de s'y opposer.
Chassons les marchands du Temple.
19:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Animer chrétiennement l'ordre temporel
Parce que "les questions sociales, économiques et éthiques sont de plus en plus en plus complexes", plus que jamais les laïcs catholiques sont appelés à une réflexion intense sur les exigences de la vie sociale afin d'oeuvrer au bon équilibre de la Cité :
«Les experts ont une parole qui peut aider à la réflexion des citoyens mais ne peut pas s'y substituer. L'éducation de la conscience, par le dialogue raisonné de la foi, est donc un impératif pour tout croyant s'il ne veut pas en rester à quelques formules toutes faites. Il est invité par l'Église à découvrir la richesse de son enseignement, [...] qui concerne l'homme tout entier.
« Beaucoup de comportements cyniques ou simplement irréfléchis ont conduit à la perte du sens d'une destinée commune, à commencer par l'affirmation selon laquelle chacun n'a de comptes à rendre qu'à lui-même en oubliant que les droits n'ont de sens qu'en lien avec des responsabilités […]. Lorsque le sens de l'existence ne passe plus par le lien à autrui, […] les propositions politiques de long terme sont dévalorisées. [...]
Il n'y a plus de hiérarchie des priorités et chacun réclame l'intervention de l'État pour ses problèmes particuliers », Jean-Paul II, Lettre aux évêques de France, février 2005.
Si « l'Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible [...], elle ne peut ni ne doit non plus rester à l'écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s'insérer en elle par la voie de l'argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s'affirmer ni se développer », Benoît XVI, Deus caritas est, n° 28, 2006.
Le véritable développement humain suppose « des hommes droits, des acteurs économiques et des hommes politiques fortement interpellés dans leur conscience par le souci du bien commun. La compétence professionnelle et la cohérence morale sont nécessaires l'une et l'autre ! », Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 71, 2009.
« La crise couvait depuis longtemps. Elle s'est manifestée d'abord dans le domaine écologique. Puis les crises alimentaire, financière, économique, monétaire et sociale se sont succédées rapidement, révélant une crise bien plus profonde, une crise spirituelle, une crise de sens. Cette crise du sens profond de l'existence a été masquée par une confiance excessive dans l'économie libérale. Il est clair aujourd'hui que l'économie seule ne peut fournir les réponses adéquates à tous les problèmes de société », Conférence des évêques de France, Conseil Famille et Société, Grandir dans la crise, 2011.
« L'appel que nous lançons régulièrement à promouvoir de nouveaux modes de vie n'est pas une incantation moralisante. C'est plutôt l'avertissement que la raison humaine doit lancer devant les excès de notre système », Cal André Vingt-Trois, Lourdes 2011.
« Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps. Nous sommes tous témoins du poids de souffrances, de malaises, et d'aspirations qui accompagnent les flux migratoires [...]. Il est évident que les travailleurs [étrangers] ne doivent pas être considérés comme une marchandise ou simplement comme une force de travail [...]. Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance », Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 62, 2009.
13:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La source des crises
Pour expliquer la crise globale que nous traversons, la Conférence des évêques de France met en avant trois principaux facteurs de bouleversement qui se conjuguent et s'aggravent :
- Le formidable développement des techniques scientifiques qui incite à projeter ou même à mettre à exécution des idées qui étaient restées jusque-là au stade des rêves ou des cauchemars. Ainsi le perfectionnement de la connaissance et de la compréhension du vivant suscitent des désirs que rien ne paraît pouvoir limiter. Il est donc urgent et indispensable que l'homme puisse mieux définir qui il est, et déterminer les conditions de son propre respect. Faute d'une appréhension précise de sa dignité, il se laisse inexorablement fasciner par son pouvoir
scientifique, dont il est tenté d'attendre la solution à tous ses problèmes, en oubliant de voir ce qui risque de se retourner contre lui.
- La fin d'une certaine homogénéité culturelle de nos sociétés. [...] Ainsi coexistent aujourd'hui, à égalité de droits, des personnes ayant des origines ethniques et des références culturelles et religieuses les plus variées. Pour des citoyens de plus ou moins vieille souche, ceci peut engendrer un sentiment d'instabilité très délicat à vivre. Pour beaucoup de nouveaux arrivés, cela se traduit par le fait de se sentir mal accueillis et de ne pas pouvoir trouver une place dans une société qu'ils ne peuvent pourtant plus quitter.
- La tendance à revendiquer toujours plus ses droits sans beaucoup s'inquiéter de ses devoirs. Si les libertés individuelles ont contribué à augmenter le sens de la responsabilité personnelle, l'individualisme finit par dissoudre la vie sociale, dès lors que chacun juge toute chose en fonction de son intérêt propre. Le bien commun de tous risque d'être confondu avec la somme des avantages particuliers.
Ces transformations interrogent la conception que l'on se fait de l'homme, de sa dignité et de sa vocation. [...] L'éclatement des références éthiques fait reposer un poids moral toujours plus lourd sur la formulation des lois. Puisqu'elles jouent inévitablement un rôle de référence morale dont il convient de tenir compte, le législateur ne peut se contenter d'enregistrer l'évolution des mœurs. [...] Nous ne pouvons pas attendre du pouvoir politique plus qu'il ne peut donner. [...] Le mode de vie qui est le nôtre depuis quelques décennies ne pourra pas être celui de tous les pays du monde, ni même se maintenir perpétuellement tel quel chez nous. Depuis longtemps, avec d'autres, les papes et les évêques appellent chacun à reconsidérer sa manière de vivre, à privilégier l'être plus que l'avoir, à chercher et promouvoir un « développement intégral » pour tous.
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17.09.2011
Cercle MONTALEMBERT

Pour une action politique résolument catholique !
Nous relançons à Lyon un Cercle MONTALEMBERT, lieu de formation philosophique, historique et juridique à la lumière de la pensée sociale de l'Eglise.
Se former pour agir : notre volonté est résolument de répondre à l'appel de l'Eglise en inventant une nouvelle "évangélisation politique" et ainsi, avec la grâce de Dieu, de contribuer à la fondation d'une civilisation de l'amour, impregnée des valeurs de l'Evangile. Toute l'année, Jean-Noël Dumont nous ouvrira les portes du Collège Supérieur pour une réflexion exigeante sur les principaux points de combat à mener (avortement de masse, euthanasie, revendications LBGT, etc - 7 RV prévus), et Alternative catholique nous proposera de passer à l'action de manière audacieuse et créative pour rendre visible, notamment pendant les élections à venir, les solutions novatrices que nous voulons porter.
CONTACT : alternativecatholique69@gmail.com
17:09 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.09.2011
Manifeste, extrait 1
De Theopol :
« On ne changera pas ce pauvre monde en reposoir de la Fête-Dieu », disait Bernanos. Il serait en effet vain d’œuvrer à l’édification d’une théocratie catholique. Non pas parce que ce n’est pas possible. Mais parce que de toute façon ce ne saurait être notre tâche, à nous laïcs. Le laïcat exige que nous animions spirituellement l’ordre temporel, pas que nous le spiritualisions, et a fortiori pas que nous temporalisions l’ordre de l’Esprit. Que l’Etat reste laïc, mais que les laïcs y prennent part. Le laïcat, c'est-à-dire l’œuvre spécifique des catholiques en tant que citoyens, suppose la laïcité, soit la distinction institutionnelle entre l’Eglise et l’Etat.
Cette distinction entre Eglise et Etat concerne les institutions, pas le citoyen. Elle met le prêtre hors du champ d’action politique, pas le laïc. Tout au contraire le laïc est doublement appelé à faire entendre sa voix ; par sa vocation à faire entendre l’Evangile[1] d’une part, par l’exigence de citoyenneté d’autre part. Le laïc ne doit nullement se soumettre à une existence de catacombe, dans laquelle sa foi serait du domaine privée. Si la foi est pour lui déjà une résurrection, elle concerne tout son être, pas seulement son mythique être privé, difficile à délimiter, et qui n’est limitée qu’au prix d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom. En effet, pourquoi les catholiques ne seraient-ils pas des citoyens comme les autres ?
Il est grand temps que les catholiques exposent publiquement, à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances. Si l’on considère les catholiques avec leurs prêtres et leur clergé, ils sont une religion ; mais si on ne regarde que les seuls laïcs, alors ils peuvent être un groupe social, ils peuvent former une masse capable et fondé à peser dans les décisions politiques au nom de valeurs universelles.
21:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.09.2011
Engageons-nous, catholiques !
Accueillis du 25 au 28 août dans le cadre magnifique de la Sainte-Baume par les dominicains et leur belle liturgie, une cinquantaine de participants d'horizons divers (dont un avocat irlandais) se sont réunis pour réfléchir à l'engagement des catholiques en politique. Lancé par Mgr Rey et l'Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, cette première université nous a permis, à l'ombre de Sainte Marie Madeleine, apôtre des apôtres, d'approfondir le sens et l'enjeu d'une action politique spécifiquement catholique, dans le respect de la distinction du temporel et du spirituel. Les interventions nombreuses de personnalités engagées à divers titres (juriste, religieux, conseiller en communication, président d'association, écrivain, maire, député, etc.) nous ont ouvert des perspectives sur le sens et les enjeux de la mission historique des laïcs chrétiens dans nos sociétés sécularisées : « animer chrétiennement l'ordre temporel », en promouvant l'enseignement social de l'Eglise.
Dans une variété certaine de parcours, d'âge et de sensibilité, les participants ont pu mesurer l'ampleur du défi à relever pour promouvoir un ordre plus juste au service du bien commun. Le diagnostic est sévère : malgré quelques initiatives encourageantes, les catholiques n'existent pas encore en politique, dans la mesure où ils manquent gravement de visibilité et d'efficacité. Montalembert en 1846 disait déjà : « Soyez seulement un fait, au lieu d'être une ombre, un bruit ou une ruine ». Trop longtemps les laïcs catholiques en France ont renoncé à assumer leur charge, à être le sel de la terre et la lumière du monde, déléguant frileusement leurs responsabilités temporelles à de bien médiocres alliés (au nom d'un illusoire moindre mal), parfois même à leurs adversaires les plus directs (que la pente est douce du compromis à la compromission...). Or, c'est bien connu : quand les dégoûtés s'en vont, ne reste que les dégoûtants! C'est ainsi que, faute d'opposants solides, faute de structures catholiques opératoires, crédibles, organisées en réseaux efficaces, l'anti-culture de mort a pu progresser insidieusement dans les consciences et dans les lois, imposant en douce sa violence transgressive. Comme l'a montré avec force Pierre-Marie de Berny, fondateur d'Unitas et auteur de l'excellent « Petit manuel d'apostolat médiatique », les minorités agissantes sont plus efficaces que les majorités silencieuses dans notre démocratie d'influence. Or, les catholiques français sont encore aujourd'hui une minorité silencieuse, persuadée de n'avoir pas le droit, parce que catholique, de prendre la parole publiquement dans notre république laïque.
Voici les principales conclusions qu'à titre personnel je tire de cette première université politique et qui confirment certaines des intuitions fondamentales de notre projet lyonnais d'Alternative Catholique :
> Nécessité et fécondité d'une action politique spécifiquement catholique : l'engagement politique est un lieu privilégié de l'apostolat des laïcs, une terre de mission où, à travers l'évangélisation de la politique et la politisation des catholiques, nous pouvons réellement servir l'ultime Bien commun qu'est Dieu.
> Urgence d'une professionnalisation exigeante des mouvements qui promeuvent la pensée sociale de l’Église, notamment dans le domaine de la communication : si tout engagement catholique doit être vécu dans la prière et se faire dans la conscience de nos propres limites, si on ne changera rien sans le secours de la sainte Providence, on ne peut se contenter d'attendre et d'espérer qu'elle supplée à nos défaillances ! Rien ne peut excuser notre amateurisme.
> Réalisme face à la réalité médiatique : si la politique est un lieu de combat, parfois violent, il ne faut pas fantasmer la malveillance des médias et des responsables politiques qui pour la plupart sont plus indifférents qu'hostiles. Nous sommes les premiers, sinon les seuls, responsables de notre impuissance politique. Dans la mesure où les médias cherchent de plus en plus le clash, actuellement la radicalité paie : c'est pourquoi on gagne à assumer sa foi catholique de manière décomplexée - et intelligente.
> Investissement de l'ensemble de la communauté politique pour la refonder sur des bases plus saines : "Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun" (Exhort. apost. Christifideles laici, 1988). L'engagement politique ne se résume en effet pas aux échéances électorales : outre la pratique quotidienne de la vie chrétienne, l'engagement associatif et intellectuel, la création artistique, de nombreuses sphères d'influence et de décision restent insuffisamment investies par les catholiques : mandats locaux, évidemment, mais aussi postes de conseillers ou d'assistants parlementaires, etc.
> La formation doit être orientée vers l'action concrète et l'action doit s'enraciner dans une formation solide. Sans cette association vivante, on risque de se perdre dans deux impasses : d'une part, la formation pour la formation, comme le poisson dans son bocal - l'éternel étudiant enfermé dans sa bibliothèque, le cercle reproduisant chaque année ses mêmes réunions de réflexion ; d'autre part, l'action sans formation, comme un coup d'épée dans l'eau – le groupe d'excités qui fonce avant de savoir où il va.
> L'engagement en politique est un service, un service rendu à la cité, une oeuvre de charité à l'égard de notre pays et de ses habitants. Ainsi l'ambition personnelle de celui qui s'engage, sans laquelle il ne fera rien de bon, doit-elle être clairement subordonnée à sa volonté de mettre ses compétences au service du bien commun, sous peine de n'être qu'une énième cymbale qui résonne dans la cacophonie du pouvoir.
Laissons le même Montalembert nous exhorter :
Volontiers les catholiques blâment le pouvoir et critiquent le Gouvernement. Mais pour avoir le droit de blâmer et de critiquer, il faut être soi-même à l'abri de tout reproche. [...] Trois ou quatre d'entre vous ont combattu pour tous ; vous les avez regardés faire, comme si ce n'était pas de vous qu'il s'agissait ; et vous avez recommencé à blâmer, à censurer, à critiquer, en ayant soin de vous dérober, je ne dis pas seulement à tout danger, mais à toute peine, à toute gêne, à tout sacrifice. (« Du devoir des catholiques dans les élections », 1846).
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01.09.2011
Le sang coule, les Chrétiens dorment
Nous sommes en guerre et nous ne le savons pas.
Nos ennemis, les promoteurs de l'anti-culture de mort, largement maçonnisés, eux le savent bien. Mais nous, trop contents qu'en France le laïcisme idéologique nous laisse à peu près vivre notre foi, bourgeoisement, nous nous satisfaisons de quelques grognements dans nos salons et dans nos sacristies, tandis que le législateur, asservi aux pressions idéologico-financières, bouleverse tranquillement les fondements mêmes de l'ordre naturel.
Si l'Etat s'arroge indûment le pouvoir sur les consciences et sur les vies, c'est parce que par confort nous avons préféré lui abandonner notre responsabilité. Si notre pays, tranquillement, met en place un eugénisme d'Etat à travers le dépistage systématique des embryons jugés indésirables (et en premier lieu, des trisomiques), rattrapant les pires horreurs totalitaires et les pires cauchemars de la Science-fiction, c'est parce que nous n'avons pas eu le courage de le voir et de le dénoncer.
Nous sommes trop gentils - en fait, souvent, profondément débiles.
A cause de notre lâcheté, de notre aveuglément, de notre souci du consensuel, nous tendons la main à notre adversaire, au lieu de le désarmer. Nous l'embrassons au lieu de l'affronter. Nous avons oublié qu'à la suite du Christ, nous sommes appelés à être "signes de contradiction", parce que nous servons l'amour et non pas la puissance, la vie et non pas la mort. Parce que nous sommes dans le monde, mais pas du monde. Nous avons oublié que nous étions levain et non pas farine, sel et non pas sucre.
(Prêtres et non pas proies, prophètes et non pas carpettes, rois et non pas rats !)
Nous, Chrétiens, avons manqué trop longtemps à notre mission de témoins de la vie, contre tous les processus de déshumanisation (désincarnation/déspiritualisation) : de l'avortement de masse à l'euthanasie, en passant par la destruction de la famille, le délire du Gender, la marchandisation et la virtualisation des rapports sociaux, le déracinement de masse, le saccage productiviste de la nature, etc., nous finissons par tout accepter et tout légitimer.
Par crainte de jouer les sempiternels Cassandre, nous sommes devenus des scaphandres - inertes, maladroits, engourdis, engoncés, silencieux, ridicules. Nous ne nous réveillons qu'au crépuscule. Au lieu d'être des veilleurs, des guetteurs de l'aube, nous sommes des râleurs du petit soir, experts dans l'art de lancer les batailles quand elles sont déjà perdues (cf. l'agitation légitime mais hélas bien trop tardive contre l'intégration de l'idéologie du gender à l'école) : en plus d'être impuissants, nous sommes grotesques.
(Epées dans l'eau. Banderilles dans le sable.)
Notre indécrottable complexe d'infériorité à l'égard des idéologies dites progressistes, profondément mortifères, nous paralyse quand il faudrait s'activer. Nous perdons à chaque fois, parce que nous préférons la modération à la radicalité. Parce que nous nous fions aux intentions plutôt qu'aux actes (tel candidat parle de "dignité humaine" ou prétend "liquider 68", et emplis de gratitude, la larme à l'oeil, nous courons le soutenir). Parce que nous regardons les détails (en juin 2011, l'UMP vote encore contre la parodie homosexuelle du mariage) et négligeons les tendances (on y arrive, cf. la déclaration clairvoyante de Bachelot). Parce que nous refusons de trancher, d'entrer en dissidence, de prendre le maquis. Parce que nous oublions que nous avons à transmettre au monde une parole brûlante, exigeante, proprement révolutionnaire, qui est l'Evangile même, le scandale des Béatitudes, seul antidote définitif aux maux qui nous accablent.
C'est pourquoi, afin de mieux servir le bien commun (influencer les débats, peser dans les décisions), il nous faut retrouver enfin le courage de l'adversité : faire face pour faire masse, dénoncer pour déciller, résister pour avancer, proposer pour rassembler. Car c'est par l'audace, l'intelligence, la lucidité, de notre prise de parole que s'ouvre le témoignage politique auquel de toute urgence, aujourd'hui comme hier, l'Evangile nous appelle.
Témoignage, oui, c'est-à-dire martyre.
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31.08.2011
Le défi de la parole chrétienne
L'incroyant Camus, les chrétiens et l'anti-culture de mort :
Alors qu'aujourd'hui, tant de Chrétiens parlent pour ne rien dire, ou plutôt disent la même chose que le monde, avec les mots mêmes du monde, à peine colorés du prêchi-prêcha démocrate-chrétien, Camus nous lance encore ce défi :
« Ce que le monde attend des chrétiens est que les chrétiens parlent, à haute et claire voix, et qu'ils portent leur condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un seul doute, ne puisse se lever dans le cœur de l'homme le plus simple. C'est qu'ils sortent de l'abstraction et qu'ils se mettent en face de la figure ensanglantée qu'a prise l'histoire d'aujourd'hui. Le rassemblement dont nous avons besoin est un rassemblement d'hommes décidés à parler clair et à payer de leur personne. »
(« Fragments d'un exposé fait au couvent des dominicains de Latour-Maubourg en 1948 », Actuelles, Ecrits politiques, Chroniques (1944-1948), Paris, Gallimard, 1950, p. 212)
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24.08.2011
Dissidence alternative
Libre recension du Manifeste pour un christianisme engagé de Thibaut Dary
(Forum Salvator, 2007)
Quelle influence pour les disciples du Christ dans des sociétés occidentales déjà profondément sécularisées ?
C’est la question que ce petit livre (158 p.) s’efforce d’éclaircir. Le nihilisme contemporain exige des Chrétiens une réponse à la hauteur des processus de déshumanisation que nos sociétés subissent : de l’avortement de masse à l’exploitation des immigrés clandestins, en passant par le saccage des écosystèmes, l’anti-culture de mort n’épargne personne. Se parant de bonnes intentions (trier les embryons et tuer les vieillards, mais toujours pour leur bien), elle se diffuse d’autant plus profondément qu’elle rend tout un chacun à la fois complice et victime. Face au cynisme libéral-libertaire du « capitalisme tardif », mélange de relativisme et de mercantilisme déplaçant à sa guise les frontières du bien et du mal, quelle(s) alternative(s) ?
Thibaut Dary appelle les chrétiens à porter dans un monde parfois hostile, souvent indifférent, une parole chrétienne plus haute et plus ferme : « restaurer la visibilité chrétienne » (p. 23) est par conséquent la priorité de ceux qui veulent rendre audible la voix de l’Evangile. La « pastorale de l’enfouissement », loin d’imprégner en profondeur le corps social, a dissout la différence chrétienne dans les sables mouvants de l'époque. Mais le poisson meurt de trop s'enfoncer dans la vase. Renonçant à êtres signes de contradiction, nous avons cédé à la facilité de l’acquiescement.
Renonçant à être lumière du monde, nous avons prétendu n’être qu’un néon quelconque. Renonçant à être sel de la terre, nous nous sommes contentés de saupoudrer la nausée nihiliste de sucre humanitariste. Vae victis ! L’expérience historique et quotidienne nous prouve qu’au terme du processus de subversion des repères anthropologiques judéo-chrétiens, il n’y a guère que désespérance et suicide. « Au beau milieu d’un Verdun collectif dans lequel une grande partie de ceux qui vivent au-delà de son espace vital sont plutôt à l’état de gazés », le chrétien ne peut plus se taire, se satisfaire de quelques gestes qui soulagent sa conscience, mais « rendre au monde ce service d’y porter la Bonne Nouvelle, qui en plus de lui apporter la vie éternelle, est déjà un bienfait social en réponse à ses profondes blessures » (p. 57). S’engager à la fois dans une opposition radicale et dans une proposition constructive. Contre la ruine progressive mais systématique de la lex naturae, dans tous les aspects de la vie humaine : philosophique, moral, social, économique, écologique. Pour une civilisation de l’amour fondée sur des principes non-négociables, où le respect de la dignité de la personne prime sur tous les intérêts égoïstes.
Mais pour que l’alternative chrétienne puisse exister comme force effective de progrès social, il faut qu’elle soit plus forte et plus claire, et donc que ses initiateurs soient unis. Former « une société en marche dans une société en panne », un mouvement libérateur face à l’aporie relativiste, exige d’abord « le rassemblement pour faire face à la dispersion, qui contient en germe la disparition » (p. 117). Non pas sous forme d’un « plan programmé », mais d’un « comportement spontané » prenant la forme d’une « résistance », d’un « contre-modèle » dynamique.
Notre vocation profonde – levain dans la pâte – exige l’expression claire d’une différence, et peut-être de plus en plus, d’une dissidence – pourvu qu’elle soit crédible, fondée sur le souci du bien commun (cf. P. Darantière, Pour une action politique catholique, Editions de Paris, 2006). « Dissidence intérieure » (Philippe Maxence) avec le modèle de la société marchande, productiviste et consumériste. Dissidence joyeuse qui, à travers une orthopraxie radicale, conduit à rompre progressivement avec les diktats modernes et à « restaurer peu à peu une pratique plus évangélique de l’existence » (p. 91). Il nous faut « vivre un catholicisme disruptif » qui « cesse de penser et d’agir selon les canons et les codes habituels, et en l’espèce, selon ceux d’un monde déchristianisé ou en voie de déchristianisation ».
Promouvoir une « société chrétienne dans la société païenne », c’est en somme former une « société de contraste », capable de trancher avec la dépression ambiante par son rayonnement provocateur. « Nous ne pouvons plus être à la traîne du monde [...] : nous devons le précéder en définissant les solutions d’avenir et être les moteurs du progrès, quitte à commencer tout modestement » (p. 89). Les communautés chrétiennes doivent chercher à vivre l’idéal d’une cohésion ouverte, c’est-à-dire demeurer suffisamment accueillantes pour ne jamais tomber dans la ghettoïsation, tout en assumant suffisamment leur identité pour pouvoir justement, sans risque de désintégration, recevoir l’altérité. Benoît XVI invite ainsi les jeunes à « avoir le courage de créer des îlots, des oasis, puis de grands terrains de culture catholique, dans lesquels on puisse vivre le dessein du Créateur », en préférant aux tentations modernes « un style de vie sobre et solidaire, des relations d’affection sincère et pure, un engagement honnête dans l’étude et le travail, l’intérêt profond pour le bien commun » (p. 128). Nous devons ainsi nous réunir pour mieux servir. Construire, non pas « une planque », « un univers aseptisé, sécurisé, où vivre tranquillement hors du monde », mais « une retraite, protectrice et temporaire, pour nous permettre une présence plus féconde dans le monde », puisqu’« il s’agit moins de se protéger que de se fortifier » afin de chercher à bâtir « des structures sociales plus saines qui pourront accueillir tous les hommes » (p. 129).
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23.08.2011
Pour une antipolitique
De THEOPOL :
Le pouvoir que nous avons connu limité à des citoyens, ou à un Etat, subit actuellement un double mouvement d’affaiblissement et d’expansion, que nous qualifierons de dilatation. Se produit phénomène paradoxal de césarisme faible, qui consiste à la fois à étendre le pouvoir à des sphères que la Tradition (chrétienne) lui avait interdit (la vie, le corps, la mort), tout en se retirant des sphères que cette même Tradition lui avait appris à maîtriser (le commerce, la finance, et de plus en plus, la guerre). Ce n’est pas seulement un déplacement, un passage d’un pouvoir appliqué à l’économique à un pouvoir appliqué au biologique, car le pouvoir est encore appliqué à l’économique, mais moins. Et il ne l’est pas encore au corps comme il l’était à l’économique, il l’est simplement plus.
Ce pouvoir sur le corps est encore seulement un pouvoir commençant : il est seulement un droit laissé à une liberté. Il n’est encore ni un devoir, ni une loi. Le pouvoir dit seulement que les corps sont à la disposition des sujets de droit. Mais on peut imaginer qu’il dise un jour plus, s’il poursuit la même logique : les femmes n’ont pas seulement le droit d’éliminer leur enfant si elles estiment qu’elles ne peuvent l’assumer, elles doivent l’éliminer si on estime qu’elles ne peuvent l’assumer. Il n’y aurait là qu’un changement de degré. Au nom de la responsabilité civile, l’Etat pourrait interdire aux femmes pauvres d’avoir plus d’un ou deux enfants ; la naissance serait alors conditionnée par des critères non seulement économiques, mais en tant que tels politiques. En France le politique n’a pas atteint ce degré dans la prise de possession du corps, mais le phénomène n’est pas impossible, on l’observe fréquemment en Asie, où la définition de ce qui est proprement du domaine politique n’est forcément pas aussi nette que chez nous, héritiers du « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Cette dilatation du pouvoir se produit comme l’effet du retrait (idiotement vécu comme kénose) des catholiques de la politique. Les catholique n’étant plus là pour limiter le pouvoir, le pouvoir gagne une extension, qui comme celle des gaz, tend à l’infini, c'est-à-dire à l’indéfini ou à l’indistinction. C’est donc au nom de la laïcité, plus qu’un nom des bizarres « droits à la vie » (la vie étant la condition, non le contenu du droit) que les catholiques luttent contre l’avortement de masse. Parce que par l’avortement César prend possession de ce qui appartient à Dieu, les catholiques ont le devoir de rétablir la laïcité, qui n’est pas une « séparation du public et du privé », mais une distinction du spirituel et du temporel, c'est-à-dire une distinction de ce qui est sacré (intouchable) et de ce qui est laïque. Ainsi, dans la mesure où les catholiques en politiques s’efforceraient avant tout à limiter le pouvoir, on peut dire que la politique catholique est une antipolitique.
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Ici recommence la politique
La famille, cellule de base de la société - et seul avenir
« Rien n’arrive hors de la famille qui n’y ait pas commencé. C’est là que tout s’apprend, que tout se fonde, que tout s’invente. C’est de là que la civilisation de l’amour va naître, avec pour radicelles l’amour de millions de foyers, [capables] de transmettre l’amour. C’est là le début de la politique.
« Avoir des enfants, c’est un acte politique » (Stanley Hauerwas, « La portée politique de la délicatesse », conférence de 2007 à l'Institut Catholique de Paris). « C’est un choix d’espérance posé publiquement, engageant la durée ; c’est une promesse faite à ses concitoyens que l’on va mettre son énergie) à bâtir un avenir accueillant ; c’est agir pour le monde au-delà de sa propre existence, professer que l’on a préféré le don à l’égoïsme » (p. 141). A travers leur témoignage, les familles nombreuses unies « sont sacrements de la prodigalité divine aux yeux des hommes de ce temps ». La famille est le premier et sans doute le seul lieu « où on est vraiment aimé pour ce que l’on est, intégralement, sans condition », c’est pourquoi « les familles chrétiennes doivent être les laboratoires des nouvelles pratiques sociales, le terreau du renouveau politique, le lieu où se fonde une culture de l’amour » (p. 143).
« Ecclesiola, Eglise domestique où se vit la mission ecclésiale de célébrer et annoncer le Seigneur, et de servir les autres », « espace d’incarnation anticipée du Royaume », la famille est l'« institution anarchiste par excellence » (Chesterton), « où il n’est plus question de pouvoir des uns sur les autres, mais de service et de don ». Et en définitive, c'est bien parce que la famille apparaît comme « la source et le sommet de la vie humaine et politique » que « l’avenir des nations, familles de familles, ressemblera aux familles d’aujourd’hui, à la façon dont elles construisent la vie communautaire entre leurs membres » (p. 144).
Thibaut Dary, Manifeste pour un christianisme engagé, Forum Salvator, 2007.
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14.08.2011
Gender : Libéraliser pour asservir
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08.08.2011
Leçons de chair
De Gloria Dei vivens homo :
Sortir de la gnose

Histoire de côtes
Ne vous êtes-vous jamais demandé : « qu'est-ce qui empêche l’Église d'ordonner des femmes prêtres(ses) ? Certes, le prêtre tient la place du Christ, et le Christ était un homme, mais n'est-ce pas contingent ? Après tout, il aurait pu naître femme... ». Un parallélisme scripturaire nous renseigne sur le sujet. En grec, la côte et le côté sont désignés par un même mot, πλευρά. « Belle affaire », répondrez-vous peut-être. Oui, mais voilà : c'est du même endroit du corps, de cette côte ou de ce côté, de cette πλευρά, que naît Ève pendant le sommeil d'Adam1, et que jaillissent le sang et l'eau lors de la crucifixion2. Si bien qu'il existe un véritable lien entre les deux situations : « c’est du côté du Christ endormi sur la croix qu’est né ‘l’admirable sacrement de l’Église tout entière’ »3. Il n'est pas indifférent que cet épisode de la crucifixion ait un rapport étroit avec celui de la distinction des sexes. Dans les deux cas, une réalité d'ordre sponsal est engagée : le Christ, « nouvel Adam »4, est l’Époux de l’Église5, avec toute sa masculinité. C'est donc avec toute leur masculinité aussi, quoique de manière mystérieuse, que les prêtres tiennent la place du Christ-Époux.
Quand le nom d'un démagogue change la donne
Ce débat sur la possibilité ou l'impossibilité de femmes ordonnées dans l’Église révèle combien même nous, catholiques, avons du mal à penser l'Incarnation. Parce ce que l’Église est le corps du Christ, et que ce corps est universel (c'est la signification du terme « catholique »), nous en inférons à tort et souvent inconsciemment que l'humanité du Christ est indifférenciée. Il s'agit sûrement là d'une pente naturelle de l'esprit humain, et Jésus sait en tenir compte et trouver des accommodements, lui qui envoie sa Mère apparaître à Juan Diego sous les traits d'une mexicaine. Mais le souci d'inculturation de l’Évangile ne doit pas nous faire oublier que Dieu s'est fait homme et non femme, sémite et non scandinave, juif et non polythéiste, et qu'il a été crucifié à un moment précis de l'Histoire, sub Pontio Pilato. Ces trois mots résument à eux seuls la prétention inouïe de la religion chrétienne, celle d'annoncer un Dieu qui se manifeste non pas en dehors de l'Histoire, dans un no man's land mythologique, mais bien à une date précise de notre temps et dans un pays peuplé d'hommes. Et paradoxalement, le salut n'est pas devenu universel en dépit de cette descente de Dieu dans le particulier, mais bien en raison de celle-ci. Paul le déclare de manière magnifique : Dieu « s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes [...] afin que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père »6.
Leçons de gnose : sortir de la chair
La tentation de refuser la réalité de l'Incarnation n'est pas neuve. On la trouve dès le début du christianisme, avec les premières hérésies, qui « ont moins nié la divinité du Christ que son humanité vraie »7. Parmi elles sévit le « docétisme gnostique »8, « qui professait que le corps du Christ n'avait été que pure apparence, et qui niait la réalité de sa Passion et de sa mort »9. Une telle idée repose sur l'idée sous-jacente que « le monde (au moins le monde matériel) serait mauvais, produit d’une déchéance, et donc à rejeter ou à dépasser (gnose) »10, ce rejet ou ce dépassement s'accomplissant nécessairement par la libération de la matière. Or, nous assistons aujourd'hui à un retour en force de la gnose, dont l'influence sur la culture se fait palpable depuis quelques années, notamment par le biais du cinéma. Vous savez, tous ces films, passionnants par ailleurs, qui nous répètent que le monde n'est pas le monde, mais un faux-semblant de monde dont il faut s'échapper ? Coïncidence intéressante, l'un des deux frères Wachowski, les créateurs de Matrix, s'habille en femme11. Eh oui, que voulez-vous, la chair ne compte pas et les décisions de l'esprit sont souveraines...
Réincarnation et désincarnations
Derrière les phénomènes extrêmement divers que sont la revendication du sacerdoce catholique pour les femmes, la fascination croissante de l'Occident pour des doctrines orientales telles que celles de la réincarnation (mouvements New Age), et la vogue de la chirurgie esthétique, se trouve présente, quoique à des degrés différents, une seule et même idée : la chair est un piège qui nous détermine et nous limite dans notre identité, mais elle ne constitue pas notre identité ; elle en est au mieux le véhicule, au pire la prison ; et notre identité elle-même n'est que ce que nous voulons être, à chaque instant12. Accumuler toutes les expériences possibles, être tout à la fois, épuiser à soi seul la totalité du réel... Plus que jamais nous recherchons notre salut dans un nomadisme intégral, qui vide l'homme de sa substance, le coupe de toute racine et le malmène corps et âme.
Nous voulons être :
|
-femmes quand nous sommes hommes (ou inversement) |
(gender et transsexualisme) |
|
-le conjoint ou copain de Bidule quand nous sommes celui de Machine (ou inversement...:-) |
(refus de s'engager, divorce) |
|
-une famille quand nous n'en sommes pas une |
(« mariage » homo + adoption) |
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-sans enfants quand nous faisons tout pour en avoir |
(contraception et avortement) |
|
-Israéliens quand nous sommes Français (par exemple) |
(cosmopolitisme exacerbé des élites13) |
|
-blancs quand nous sommes noirs (ou inversement) |
(syndrome Michael Jackson) |
|
-en contact avec la terre entière, mais avec personne en particulier |
(fragmentation de l'identité en pseudos électroniques)
|
Liste non exhaustive, mais vous aurez compris ! À vouloir être tout, on devient surtout n'importe quoi. À vouloir rester l'être de tous les possibles, on ne l'est plus d'aucun réel. À vouloir être le mari de toutes les femmes possibles, on ne l'est plus d'aucune femme réelle (syndrome Dom Juan). Et inversement ! Jésus ne déclare-t-il pas à la Samaritaine : « tu as bien fait de dire : je n'ai pas de mari, car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari ; en cela tu dis vrai »14 ?
Accueillir la chair ou la planifier : entre autotélicité et vocation
Tous nos maux procèdent de notre volonté de bâtir un royaume à partir de nos propres caprices. Nous reproduisons à l'échelle individuelle l'erreur que d'autres ont commise à l'échelle des sociétés : Hitler et Staline ont voulu apporter au monde leur paradis, et ce qui est advenu ressemblait plutôt à l'enfer. Mais pourquoi toute programmation d'un paradis terrestre débouche-t-elle sur le meurtre de masse ? Parce que depuis l'Incarnation, le Royaume n'est pas à planifier, mais à accueillir. « Le Royaume de Dieu est avant nous. Il s’est approché dans le Verbe incarné, il est annoncé à travers tout l’Évangile, il est venu dans la mort et la Résurrection du Christ. »15 Avec la venue de Dieu dans la chair un jour du temps, l'unique salut est entré dans l'Histoire, et avec lui la possibilité et l'obligation pour tout homme de l'accueillir ou non : nul ne peut rester neutre devant l'appel qui lui est lancé. Toute tentative de construire un salut par l'Histoire, de planifier à partir de fantasmes le processus mécanique de son avènement, est donc vouée à l'échec et à l'atrocité, car elle présuppose la négation de cette vocation. Ce qui explique pourquoi l'organisation la plus meurtrière au monde s'appelle le Planning Familial.
Réapprendre à habiter l'hic et nunc
C'est donc Dieu, sauveur universel par sa descente dans le particulier, d'abord dans un peuple historiquement défini, puis dans une chair déterminée, qu'il nous faut imiter pour devenir pleinement membres du corps du Christ. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le membre de l’Église universelle ne peut participer à cette catholicité sans un engagement d'abord local, sur son propre lieu de vie. Il n'est pas indifférent que le Christ ait parlé d'aimer « son prochain » et non « son lointain ». Sur le plan politique, cela signifie aussi qu'un projet de diffusion de la culture de vie à grande échelle a peu de chances d'aboutir sans des engagements locaux préalables. Le titre d'un documentaire récent, trop peu relayé par la critique catholique de droite16, résume très exactement l'enjeu actuel : il s'agit de l'excellent Solutions locales pour un désordre global, de Coline Serreau. On y (re)découvre qu'il existe une agriculture de mort17, qui consiste à tuer les sols pour y cultiver en masse et de manière aseptisée des végétaux malades qui finissent dans notre assiette. Face à cet immense désastre écologique et sanitaire, de petits groupes d'agriculteurs œuvrent pour « ressusciter » les terres à l'aide de bois raméal fragmenté, propager des semences non-hybrides, et donc reproductibles de manière viable, aujourd'hui interdites par la loi, mais aussi vendre leurs produits « bios » sur place, à des particuliers partageant le risque de la récolte18. À visionner et faire connaître...
Sortons de l'apesanteur gnostique. Réinvestissons la chair. Ressuscitons nos sols. « Si le détachement d’endroits et de communautés particulières a contribué à la dépersonnalisation de l’économie mondiale, alors une esthétique adéquate du particulier devrait remettre la personne humaine au centre des relations économiques, comme Jean Paul II n’a cessé de le répéter. [...] Car ce n’est que dans la rencontre de l’autre que le Christ peut être rencontré, dans le concret et non dans l’abstrait, et c’est seulement par l’attachement au – et non le détachement du – concret que le Christ est rencontré. »19
1 cf. Genèse 2, 21-22
2 cf. Jean 19, 34
3 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 1067.
4 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 411.
5 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 796.
6 Philippiens 2, 6-11.
7 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 465.
8 Ibid.
9 Dictionnaire Larousse, entrée « docétisme ». Le mot « docétisme » vient du verbe grec δοκεῖν, « sembler ».
10 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 285.
11 Cf. à ce sujet le documentaire Hollywood's war on God : the gnostic influence, très instructif malgré quelques exagérations. Y figurent des analyses détaillées de Matrix, The Truman Show, V pour Vendetta, Eyes wide shut, etc... ainsi que des interviews de producteurs qui ne font pas mystère de leur foi gnostique.
12 Notez bien la contradiction, car l'identité suppose la permanence, le fait d'être le même (id-ens).
13 Remarque significative : selon le mondialiste Jacques Attali, l'une des vertus du survivant aux crises serait l'ubiquité, soit la capacité à changer du jour au lendemain de personnalité (Cf. son livre Survivre aux crises). Le nomadisme qu'il défend n'est donc pas seulement géographique.
14 Jean 4, 17-18
15 Catéchisme de l'Eglise catholique, § 2816.
16 Il est urgent de prendre conscience que la culture de mort ne se borne pas au massacre des enfants à naître, même si ce dernier demeure le scandale n°1 dans nos pays. Cette culture touche tous les domaines du réel, tant économiques que sociaux, sanitaires ou artistiques. Agir même localement implique une prise en compte de cet ensemble et la sortie du schéma « défense de l'embryon à droite et du travailleur exploité à gauche ». Ce sont différents combats d'une même guerre.
17 Le terme n'est pas exagéré, comme en témoigne l'actuelle vague de suicides des paysans indiens, acculés à la misère par la Révolution verte.
18 Cette dernière pratique, mise aussi en œuvre par des réseaux chrétiens aux États-Unis, a fait l'objet d'une analyse remarquable par le théologien William Cavanaugh dans son ouvrage Être consommé. On peut la consulter ici.
19 CAVANAUGH, William, Etre consommé – Une critique chrétienne du consumérisme, éditions de L’Homme nouveau, p. 143-144.
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02.08.2011
La désertion des éclaireurs
La parole à Charles de Montalembert (1810-1870), journaliste et député, défenseur infatigable de la liberté de conscience, initiateur du parti catholique. « Du devoir des catholiques dans les élections » (1846) postule que les catholiques n'ont pas une conscience suffisante de leur force. A travers ce manifeste, Montalembert veut la leur donner :
La souveraineté ne réside plus dans la royauté seule, mais dans la nation toute entière ; c'est la nation qui est César : chaque citoyen est une portion de ce César, et on doit à ses droits le même respect qu'à ceux de César. En un mot, César c'est l'État, et l'État c'est nous. Or, il en résulte pour nous, non seulement un droit, mais un devoir, un devoir strict et de premier ordre. Dieu a déposé entre nos mains une portion de l'autorité, de la souveraineté de ce grand pays chrétien. Cette autorité, nous en sommes responsables devant nos enfants, devant notre conscience et devant Dieu.
Comment avons-nous fait notre devoir ?
Volontiers les catholiques blâment le pouvoir et critiquent le Gouvernement. Mais pour avoir le droit de blâmer et de critiquer, il faut être soi-même à l'abri de tout reproche. Vous accusez les dépositaires du pouvoir d'asservir la liberté religieuse, et vous avez mille fois raison. Mais vous, qu'avez-vous fait pour l'affranchir ? [...] Trois ou quatre d'entre vous ont combattu pour tous ; vous les avez regardés faire, comme si ce n'était pas de vous qu'il s'agissait ; et vous avez recommencé à blâmer, à censurer, à critiquer, en ayant soin de vous dérober, je ne dis pas seulement à tout danger, mais à toute peine, à toute gêne, à tout sacrifice. De quel droit par exemple feriez-vous un reproche à M. Guizot de ne pas faire pour vous ce que vous ne savez pas faire pour vous-mêmes ? Il n'est pas catholique comme vous et ne croit pas à l'Église, à ses droits, à ses immortelles destinées, comme vous. Au fond, il ne s'est jamais engagé à rien qu'à étudier et à respecter les faits...
Soyez seulement un fait, au lieu d'être une ombre, un bruit ou une ruine.
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01.08.2011
Comment le mystère trinitaire explique l'homme à l'homme
De Gloria Dei vivens homo :
« Un seul Dieu, trois personnes » : formule archi-connue des chrétiens, mais qui souvent gêne. Nous nous trouvons facilement mal à l'aise devant cette réalité mystérieuse, dont le sens nous demeure caché. Et ce malaise face au cœur obscur de notre foi pourrait s'exprimer ainsi : « au fait, un Dieu unique en trois personnes, à quoi cela sert-il ? » Et pourtant, il y a fort à parier que lorsque Dieu prend la peine de nous révéler qu'il est à la fois un et trine, réalité qui échappe à notre compréhension, il n'a pas l'intention d'inhiber notre intelligence, mais bien plutôt de la stimuler.
« Agere sequitur esse », « l'agir suit l'être », déclare saint Thomas d'Aquin : nous agissons en fonction de ce que nous sommes, et notre nature se révèle dans nos actes. Si la Trinité ne fait pas exception à cette règle, rien n'empêche donc d'entrevoir des indices du trinitaire dans l'action divine. Et de fait, dès le premier chapitre de la Genèse, le lecteur se trouve face à un Dieu qui crée l'être humain « à son image », en distinguant l'homme de la femme (v. 27), puis affirme quelques versets plus loin que l'homme s'attache à la femme et qu'ils deviennent une seule chair (2, 24). Comme pour la Trinité, se pose alors la question suivante : si l'unité de l'humain constitue le but recherché par Dieu, à quoi sert l'étape intermédiaire de la distinction entre un genre masculin et un genre féminin ? Pourquoi n'avoir pas façonné d'emblée un humain selon un schéma unique, « tout-en-un » et autosuffisant, comme le suggère Aristophane dans le Banquet de Platon (189d-193a) ? La réponse nous est fournie par notre foi en l'unité divine dans la distinction des personnes trinitaires : homme et femme « sont, précisément dans leur complémentarité et réciprocité, l'image de l'Amour trinitaire dans l'univers créé », affirme le Compendium de la Doctrine sociale de l'Église (§ 46). De manière très significative, le même document définit la complémentarité entre les deux sexes comme une « unidualité » (§ 147), ce terme faisant de toute évidence écho à celui de « trinité ».
Ce rapport d'une icône à son modèle, un parallélisme textuel saisissant semble permettre de le préciser : de même qu'Ève est définie par Adam comme l'os de ses os et la chair de sa chair (ὀστοῦν ἐκ τῶν ὀστέων μου καὶ σὰρξ ἐκ τῆς σαρκός μου, Genèse, 2, 23), de même le Fils est « Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » (φῶς ἐκ φωτός, Θεὸν ἀληθινὸν ἐκ Θεοῦ ἀληθινοῦ), ainsi que le déclare le Symbole de Nicée-Constantinople ; la femme serait donc à l'homme ce que le Fils est à son Père. Et comme l'Esprit Saint « procède du Père et du Fils », dont il est la relation d'amour subsistante, ainsi l'enfant naît de l'homme et de la femme qui s'aiment, visage de leurs deux visages devenus un seul en lui.
Ce rapport de ressemblance entre famille divine et famille humaine s'articule autour d'une réalité bien précise, celle de la personne. Historiquement, la notion de personne a d'ailleurs pris son essor dans le monde occidental, dans le cadre de la réflexion théologique sur les rapports entretenus par le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'affirmation du respect dû à la personne humaine s'ancre donc avant tout dans le fait qu'elle soit créée à l'image de Dieu : la divinité n'écrase pas la personne humaine, mais la fonde en dignité. Cette dignité ne nous est pas donnée une fois pour toutes, mais doit faire l'objet de l'attention de chacun : « l'image et la ressemblance du Dieu trinitaire sont la racine de tout l'“ethos” humain... dont le commandement de l'amour est le sommet. [...] Ce modèle d'unité suprême, reflet de la vie intime de Dieu un en trois personnes, est ce que nous chrétiens désignons par le mot “communion” »1. On l'a vu, cette communion n'est ni unité d'indistinction (il y a bien trois personnes en Dieu), ni éclatement (il n'y a qu'un seul Dieu, et non trois). Nous retrouvons ce rapport de distinction dans l'unité, clé du mystère trinitaire, à tous les niveaux de la société humaine, véritable structure fractale à cet égard. Le tableau ci-dessous, évidemment non exhaustif, en donne un aperçu, ainsi que des erreurs qui surgissent et blessent personne et famille2 humaine lorsqu'il est fait violence à ce rapport, soit par indistinction, soit par éclatement.
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distinction dans l'unité |
unité d'indistinction |
éclatement |
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Théologie |
Trinité |
négation des trois personnes divines (Islam...) |
polythéisme |
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Ordre international |
« équilibre entre particularité et universalité, que toutes les nations sont appelées à réaliser »3 |
Nouvel Ordre Mondial |
nationalismes exacerbés |
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Sphère économique |
destination universelle des biens et propriété privée4 |
communisme |
capitalisme sans limites |
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Société humaine |
« communion interpersonnelle »5 |
absolutisation de la communauté |
individualisme |
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Relations homme-femme |
complémentarité |
théorie du Gender |
machisme et féminismes agressifs |
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Famille |
un homme, une femme, un ou des enfants |
homoparentalité |
monoparentalité, divorce |
Les réflexions qui précèdent nous laissent entrevoir que si le mystère trinitaire échappe à notre compréhension, ce n'est pas par défaut, mais par excès d'intelligibilité : autant ce mystère demeure entier, autant il éclaire tout ce qui se situe à l'extérieur de lui, à commencer par l'homme. Telle est la Sainte Trinité, soleil que l'on ne peut contempler en face, mais qui illumine l'ensemble de la Création, non pas ovni conceptuel planant à des années-lumières au-dessus de notre quotidien, mais son cœur même et sa pulsation la plus intime, origine, fin et centre de l'homme et de l'anthropologie chrétienne.
1Compendium de la Doctrine de l'Église, § 33.
2Le mot "famille" est ici employé au sens strict comme au sens large.
3Op. cit., § 157.
4Idem, § 176-181.
5Idem, § 33.
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18.05.2011
Lyon : Marche pour la Vie le 29 Mai 2011
Marche priante animée par les bénévoles de SOS TOUT-PETITS, avec la soutien - et la présence ?! - de Mgr Barbarin, Cardinal-archevêque de Lyon. Evénement à ne pas rater : le combat pour le respect de la vie est AUSSI (mais pas seulement) un combat SPIRITUEL. Oeuvrons pour une vraie LAÏCITE : que l'Etat cesse de s'arroger le pouvoir sur la vie qui n'appartient qu'à Dieu (cf THEOPOL) ! Outre les Chrétiens lyonnais, nous invitons tous les hommes de bonne volonté à se joindre à cette Marche afin d'exiger des lois en faveur de la dignité humaine, de la Conception à la mort naturelle, et de promouvoir une authentique civilisation de l'amour ! Pour toute information : SOS TOUT-PETITS LYON
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30.04.2011
Vers une Marche pour la vie à Lyon ?
Certes, il existe déjà une marche de prière organisée par SOS-Tout-Petits (bi-annuelle?), à laquelle avait participé Mgr Barbarin en juin 2009. Mais la seconde ville de France peut-elle continuer à être à la traîne par rapport à Paris ou à Bordeaux, quand les atteintes à la dignité humaine y sont tout aussi violentes ? Dans son désir d'oeuvrer à la synergie des mouvements pro-vie, Alternative Catholique aspire à participer (donner l'initiative?) à l'organisation d'une Marche pour la vie annuelle à Lyon. Evidemment, cette marche n'aura pas pour vocation de faire de la concurrence au Collectif "En Marche pour la Vie" qui avec une persévérance remarquable est parvenu à faire de la MPV de janvier le grand rendez-vous nationale de tous les amoureux inconditionnels de la vie en France. Il nous faut prendre exemple sur les belles et courageuses marches qui existent déjà, tout en trouvant notre spécificité : insister sur l'ECOLOGIE INTEGRALE promue par Benoît XVI pourrait être une piste. Il faut par exemple faire un effort particulier de communication auprès des personnes qui regardent, interloqués, la Marche défiler : manque souvent le travail pédagogique qui permet non seulement d'exprimer ses idées, mais de les partager ! Par ailleurs (critique souvent faite aux MPV),
défendre les embryons ou les vieillards n'a guère de sens si on se désintéresse de toutes les autres victimes de l'anti-culture de mort. Evidemment, il ne s'agit pas de se disperser, en demandant et le soutien aux futures mères en détresse et la réduction des inégalités de salaire (ou que sais-je), mais de PROMOUVOIR une vision cohérente et plenière de l'homme et de la vie en société, conforme au bien commun, à la lex naturae. Défendre les enfants à naître, c'est défendre l'intégrité de la Création, c'est oeuvrer pour une véritable écologie. Exiger le respect absolu de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, en passant par toutes les étapes du développement de la personne, n'est pas une revendication bizarre, même si elle est encore marginale, mais naturelle. Comme nous ne ferons rien de pérenne seuls, la priorité est de rassembler les mouvements lyonnais (et de tout le Sud-Est) engagés dans le même combat pour défénir un projet clair et ambitieux.
Laisserons-nous longtemps encore l'anti-culture de mort prospérer sur notre inertie ?
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23.03.2011
L'exigence du mieux
Dans son Manifeste pour un christianisme engagé (Salvator, 2007), Thibaut Dary revient sur ce qu’implique la notion de points « non-négociables » :
«[S]i les chrétiens reconnaissent que le gouvernement des affaires terrestres est « l’art du possible », et qu’il faut parfois choisir un « moindre mal », cette logique a une condition en matière électorale, qui est celle de participer à un mouvement d’amélioration […] En résumé, on ne peut pas voter pour quelqu’un qui va empirer les choses sous l’unique prétexte que son adversaire va les empirer encore plus : […] le moins pire des deux gagnerait alors à ce jeu le soutien automatique des chrétiens. On voit qu’on passe alors de la logique de moindre mal à celle du moindre pire. […]
Or, nous ne pouvons être tenus de collaborer à un progrès dans le mal, même s’il s’agit d’un moindre progrès. […] Il vient un moment où la conscience des chrétiens doit opposer un non possumus aux pratiques ou projets de l’époque, et je crois que ce moment est venu. C’est une attitude radicale, qui n’aura du sens que si elle est relayée par plus en plus de croyants à moyen ou long terme. […]
Avec l’idée d’un moindre mal relatif, on crée un sophisme mental qui entraîne la collaboration formelle avec le mal et le pire.
[E]st-ce que les catholiques ne devraient pas désormais monnayer leur vote, de façon massive, sans état d’âme, quitte à faire de la surenchère face aux partis ? Ma voix contre une loi, ma voix au plus offrant, sinon je m’abstiens » (Via le SB)
Autrement dit, un Catholique ne peut ni ne doit choisir entre deux pires, entre la peste et le choléra, entre Charybde et Scylla, entre...
11:30 Publié dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.03.2011
La jeunesse de l'Evangile
« Êtes-vous capables de rajeunir le monde, oui ou non ? L’Evangile est toujours jeune, c’est vous qui êtes vieux. Vos vieillards [vont] branlant la tête et répétant « ni réaction, ni révolution » d’une voix de basse si caverneuse qu’à chaque syllabe ils crachent une dent. La réaction est nécessaire, la révolution n’est pas de trop. Réaction et révolution ensemble ne serait pas assez. Dieu ! laissez votre vieux scrupule de ménager un ordre qui se ménage si peu qu’il se détruit lui-même à mesure. »
Georges Bernanos, Les Grands Cimetières sous la lune (1938)
14:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.03.2011
Le seul nom de chrétien nous suffit
GIOTTO (1267-1337) - Fresque de la Chapelle des Scrovegni (Padoue)
Soyons clairs : nous ne sommes ni à droite ni à gauche ni au centre - ni progressistes ni conservateurs - ni fachos ni bobos - ni nationalistes ni mondialistes - ni globish ni amish ! Nous refusons ces étiquettes réductrices pour la simple et bonne raison que nous sommes catholiques, c'est-à-dire universels (en grec, καθολικός signifie universel).
Tout est à nous, et nous sommes au Christ ! (cf. 1 Corinthiens 3, 1)
Comme nous l'a expliqué un jour Mgr Barbarin, il ne peut exister des Catholiques (chrétiens) de gauche et des Catholiques (chrétiens) de droite. Cette contradiction dans les termes est insupportable moralement : il n'y a qu'un Christ, qu'une Eglise, qu'une humanité. Le peuple de Dieu ne peut accepter sans se renier lui-même d'être parqué dans des box idéologiques, fondés sur d'archaïques catégories révolutionnaires. Cette triste confusion explique nombre de désastres actuels. La division des Chrétiens sera toujours un scandale.
Certes, il y a plusieurs demeures dans la Maison du Père (cf. Jean, 14, 2). Certes, comme le rappelle souvent la DSE, de multiples sensibilités politiques peuvent légitimement coexister au sein de l'Eglise en ce qui concerne les affaires contingentes. Mais Catholiques, porteurs d’une anthropologie universelle (la lex naturae), fondée en raison et orientée vers le salut, nous sommes tous, à temps et à contretemps, appelés à l'unité (cf. Jean 17, 21). Unité dans la foi, unité dans la défense de la dignité humaine.
Nous ne supportons plus d'être désunis dans la défense des plus fragiles, qu'il s'agisse des embryons, des personnes en fin de vie, ou des victimes de la guerre, de la misère, de la haine... Nous ne supportons plus que notre énergie soit éparpillée, divisée, gâchée, quand il faudrait, à l'appel de l'Eglise, faire face ensemble pour opposer enfin aux forces de mort une alternative crédible de justice et de paix.C'est en effet au nom du même Evangile, que nous rejetons tous les systèmes, toutes les idéologies, tous les idéalismes, toutes les puissances d'argent, d'égoïsme, d'aliénation, de déracinement, d'impérialisme, de coercition, de manipulation - bref, toutes les puissances de mort, quel que soit le masque qu'elles prennent - de droite, de gauche ou d'ailleurs.
Chacun de nous a son rôle dans l'évangélisation de notre société. Il existe mille manières de s'investir. De la prière au vote, en passant par l'engagement associatif, la manifestation, l'objection de conscience, etc., aucun moyen, à condition qu'il soit orienté vers le seul Bien commun, n'est de trop. Il est aussi absurde, par exemple, d'opposer la Marche pour la vie à l'accueil des femmes enceintes que d'opposer le Sermon sur la montagne au Lavement des pieds ! Les combats qui sont les nôtres sont trop graves, nos adversaires trop puissants, pour qu'un seul moyen, du plus spirituel au plus matériel, soit écarté, pour qu’un seul d’entre nous se dérobe sans conséquence. Si nous voulons vraiment embraser le monde (Ste Catherine de Sienne), il nous faut, joyeux et graves à la fois, pleins d'une Sagesse qui n'est pas de ce monde, faire feu de tout bois !
Le seul et vrai clivage est aujourd'hui entre ceux qui pensent la dignité humaine comme un fondement absolu, inaliénable, ne souffrant aucune atteinte, et ceux qui au contraire, considérant que tout est relatif, sont prêts, au nom d’intérêts privés et de vues à court terme, à toutes les dérogations et à tous les compromis. Servir le Bien commun, c’est au contraire avoir le soin de chacun et de tous sans exceptions, de l'embryon jusqu'au vieillard, c’est servir sans comprolmission le vrai « développement de tout l’homme et de tous les hommes »(Paul VI, Populorum Progressio, 1967).
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05.03.2011
L'enracinement sera notre force
A l'objection naturelle - Pourquoi créer une énième association ? - 3 réponses :
1) Des mouvements de jeunes laïcs qui diffusent la DSE, on en manque plus qu'on en subit...
2) La coexistence de multiples initiatives oeuvrant dans la même perspective, créé un effet non pas de concurrence mais d'émulation enrichissante et complémentaire, chacune enrichissant le débat public de sa spécificité, tout en confortant les autres. Les différentes associations, loin de se neutraliser, s'additionnent, voire se multiplient dans un double mouvement de réseau et de synergie ! Il s'agit en effet, à terme, de faire masse pour peser réellement au service du Bien commun et renouveler en profondeur la culture en faveur de la dignité humaine.
Nous avons d'ailleurs le projet de coopérer avec d'autres associations locales ou nationales. Le véritable enjeu est d'aller chercher non pas uniquement les éternels serviteurs qui s'épuisent à la tâche en s'éparpillant dans mille actions, mais des personnes qui bien que motivées ne font encore concrétement pas grand chose !
3) Last but not least : Notre identité sera clairement lyonnaise.
Nous voulons un mouvement ancré, enraciné à Lyon, car c'est le seul moyen d'acquérir une visibilité durable. Beaucoup de mouvements (Liberté politique, Catholiques en campagne, étudiants pro-vie...) manquent selon nous de visibilité : leur existence est soit trop virtuelle (internet est un média nécessaire mais insuffisant), soit trop ponctuelle (élections, Marche pour la vie et le reste du temps, silence-radio).
L'objectif est de nous former pour intervenir dans les débats publics où notre parole est trop souvent confisquée, déformée ou absente. Un grand nombre de moyens plus ou moins exigeants peuvent être envisagés : conférences publiques, distribution d'un journal politique catholique (L'1visible engagé !), tractage, interventions dans les médias, entretiens vidéo, affichage de bannières, etc. C'est à nous enfin qu'il pourra revenir, le cas échéant, de riposter au mieux, de manière adaptée, sereine, intelligente, féconde, aux provocations et scandales éventuels (cf. les Kiss-in homosexualistes devant les cathédrales...).
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