05.05.2012
A propos du vote

Que les chrétiens français cessent de s'anathémiser en exigeant l'unanimité électorale :
In necessariis unitas,
in dubiis libertas,
in omnibus caritas !
Dans les choses nécessaires l'unité, dans les douteuses, la liberté, en toutes la charité.
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20.04.2012
Voter en conscience
L'alliance VITA nous propose ce tableau récapitulatif des propositions des 10 candidats concernant le respect de la vie (4 critères) :
11:18 Publié dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.04.2012
Le capitalisme a-t-il un avenir ?
Lundi 2 Avril 2012, de 20h00 à 22h00
Le capitalisme a-t-il un avenir ?
Pierre-Yves GOMEZ
professeur de Management stratégique à l'EM Lyon,
directeur de l'Institut Français de Gouvernement des Entreprises
Conférence exceptionnelle "En temps de campagne", ouverte à tous
Tarif : 9 € - 5 € étudiants et RSA ; au Collège Supérieur, 17 rue Mazagran, Lyon 7°
19:57 Publié dans Lyon, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2012
Pour qui donc voter ?
7° Cercle Montalembert (dimanche 1er avril)
L'élection et l'Evangile : quel(s) choix pour les catholiques en 2012 ?
Quel vote pour quel témoignage et pour quelle efficacité ?
« J'aimerais qu'un chrétien ne vote pas selon "ses tripes". Souvent, le vote est passionnel, sans doute pas assez mûri et pas assez préparé spirituellement » - Cardinal Barbarin ()
A nous, laïcs catholiques, il revient donc de mûrir le plus intelligemment possible notre vote pour soutenir en conscience la meilleure proposition politique pour notre pays. Vincent Aubin, Jean-Noël Dumont et Paul-Etienne Chavelet, trois catholiques engagés, agrégés de philosophie et de sensibilités politiques différentes, nous exposeront leurs choix respectifs, dans une volonté commune de servir le Bien commun. Il nous paraît en effet essentiel que des laïcs catholiques français puissent en 2012 discuter sereinement de leurs divergences politiques, sans anathème ni crispation, afin de chercher ensemble les meilleurs moyens de construire, étape par étape, une société plus juste et plus humaine.
RV à 14h00 au Collège Supérieur (17 rue Mazagran à Lyon 3°) le dimanche 1er avril
Portes grandes ouvertes !
Au programme : déjeuner fraternel, ouverture des travaux à 14h00, exposés des trois intervenants, débat contradictoire, discussion libre avec les membres, conclusion des échanges vers 16h30.
19:14 Publié dans Lyon, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quelle société voulons-nous ?
19:02 Publié dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2012
L'exigence du mieux
« Si les chrétiens reconnaissent que le gouvernement des affaires terrestres est « l’art du possible », et qu’il faut parfois choisir un « moindre mal », cette logique a une condition en matière électorale, qui est celle de participer à un mouvement d’amélioration […] En résumé, on ne peut pas voter pour quelqu’un qui va empirer les choses sous l’unique prétexte que son adversaire va les empirer encore plus : […] le moins pire des deux gagnerait alors à ce jeu le soutien automatique des chrétiens. On voit qu’on passe alors de la logique de moindre mal à celle du moindre pire. […] Or, nous ne pouvons être tenus de collaborer à un progrès dans le mal, même s’il s’agit d’un moindre progrès. […] Il vient un moment où la conscience des chrétiens doit opposer un non possumus aux pratiques ou projets de l’époque, et je crois que ce moment est venu. C’est une attitude radicale, qui n’aura du sens que si elle est relayée par plus en plus de croyants à moyen ou long terme. […] Avec l’idée d’un moindre mal relatif, on crée un sophisme mental qui entraîne la collaboration formelle avec le mal et le pire. »
Thibaut Dary, Manifeste pour un christianisme engagé (Salvator, 2007)
17:49 Publié dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Soutenir le meilleur possible
« Nous n'entrerons jamais dans une forme de prédétermination confessionnelle des votes... Les électeurs sont responsables de leur vote en conscience » - Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (02/02/2012).
C'est aux laïcs qu'il revient d'animer chrétiennement l'ordre temporel. L'Eglise leur apporte cependant des éléments de discernement pour les aider à mettre leurs choix politiques en cohérence avec leur foi :
"Les sociétés démocratiques actuelles, dans lesquelles, à juste titre, tous sont appelés à participer à la gestion des affaires publiques dans un climat de vraie liberté Pour tout catholique, il est impossible de participer à des campagnes d’opinion en faveur de [lois impliquant un attentat contre la vie humaine], et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote. [...] La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun. Les catholiques ne peuvent pas non plus songer à déléguer à d’autres l’engagement qu’ils ont reçu de l’Évangile de Jésus Christ, pour que la vérité sur l’homme et sur le monde puisse être annoncée et atteinte.
Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (...), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce : aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains. Dans cette même ligne, il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage (que l’on pense par exemple à la drogue et à l’exploitation de la prostitution). On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que «les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus [...]. La paix est toujours «œuvre de la justice et effet de la charité» ; elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme, et elle requiert un engagement constant et vigilant de la part de ceux qui ont une responsabilité politique » (Note doctrinale sur l’engagement et le comportemernts des catholiques dans la vie politique).
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08.03.2012
Quelle société voulons-nous ?
Le Président de la Conférence des évêques de France, publie Quelle société voulons-nous ? (Pocket), recueil d'interventions récentes avec « un regard qui considère l'histoire des hommes du point de vue de ses enjeux profonds et éternels »: pas de consigne de vote ni de nom de candidat mais des éléments de discernement pour éclairer les consciences. Les électeurs sont invités à user de la raison, à se référer aux valeurs évangéliques et à faire preuve de bon sens !
"L’Église ne donne pas de consignes de vote, ni de solutions techniques qui ne sont pas de sa compétence, rappelle le cardinal : il s’agit d’éclairer les consciences en donnant « des éléments de décision au choix libre et informé » de chacun. Et dans la mesure où la pensée politique de l’Église délivrée par sa doctrine sociale s’adresse à la raison, le message vaut pour tout homme de bonne volonté.
Mgr Vingt-Trois expose les grands principes fondateurs de la société qui doivent guider le jugement politique : la recherche du bien commun (« pas de solidarité sans perception du bien commun »), la place de la famille, la liberté d’éducation, le service des plus pauvres, la liberté religieuse. Il évoque aussi les enjeux posés par l’évolution de la laïcité, du relativisme démocratique ou du respect de la vie. Sont pointées les dérives d’une société qui juge tout progrès à l’aune de l’économie : « Nos attentes sont devenues tributaires d’une sorte de marchandisation de l’action. » [...]
Dans un prologue inédit, Mgr Vingt-Trois propose une réflexion sur le vote catholique. L’électeur sait que le candidat idéal n’existe pas. Éclairé par les principes éthiques objectifs, il doit prendre conscience que dans la bataille politique, la loi du rapport de forces fait partie du jeu, dès le premier tour. La préférence spontanée pour le candidat le plus pur peut entraîner l’exclusion de ceux qui pourraient empêcher ceux dont il ne veut à aucun prix pour des raisons morales impératives.
« Nous devons soigneusement distinguer ce qui relève de l’impossibilité de conscience et ce qui relève d’un choix encore acceptable, même s’il ne correspond pas totalement à nos convictions, parce que alors un bien (même modeste) reste réalisable ou peut être sauvegardé... »
Reprenant la formule du théologien Jean-Miguel Garrigues, le cardinal montre qu’il ne s’agit pas de voter selon le moindre mal, « mais de promouvoir humblement le meilleur possible, sans illusion ni défaitisme et simplement avec réalisme ». [...] Beaucoup, sans doute, ne trouveront pas dans ce petit ouvrage de 150 pages les slogans définitifs qui rassurent. C’est aussi ce que veut le cardinal : pour voter intelligent, il faut saisir le poids du réel et éclairer sa conscience avec un minimum de réflexion" - (Note de lecture de Génération Benoît XVI)
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01.03.2012
Discerner pour mieux voter
A la lumière de la pensée sociale de l'Eglise, « vision cohérente de la personne en toutes ses dimensions, inséparables les unes des autres, [qui] peut servir de guide et de mesure aux projets qu'une société doit se donner », la Conférence des évêques de France confie aux laïcs catholiques des éléments de discernement pour répondre par la participation aux élections à venir aux défis de notre époque. Extraits :
- VIE NAISSANTE : Chaque personne est unique aux yeux de Dieu. L'engagement résolu des chrétiens n'est pas dicté d'abord par une morale mais par l'amour de la vie que ni la maladie ni l'âge ne peut amoindrir. Il est impératif que les autorités publiques refusent l'instrumentalisation de l'embryon. De même, l'avortement ne peut en aucun cas être présenté comme une solution pour les mères en difficulté. Les chrétiens doivent veiller à ce que la société consacre de grands efforts pour l'accueil de la vie.
- FAMILLE : En créant l'être humain, « homme et femme », Dieu a suscité une relation de complémentarité à la fois biologique et sociale qui se retrouve dans toute la société. La différence sexuelle de l'homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain. De plus, l'union de l'homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d'accompagner le renouvellement des générations et d'accueillir les enfants pour les introduire en ce monde. La famille, fondée sur l'union durable de l'homme et de la femme, doit être aidée économiquement et défendue socialement car, à travers les enfants qu'elle porte et qu'elle éduque, c'est l'avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu.
- EDUCATION : L'éducation est une des expressions majeures du respect de la personne. Une éducation juste implique : la liberté et la responsabilité des parents, la transmission à tous des savoirs essentiels, l'attention spécifique à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine. [...]
- ENVIRONNEMENT : La terre est un don d'amour fait par le Créateur pour que l'homme soit le gérant de ce bien donné. En l'invitant à dominer la terre, Dieu ne l'a pas invité à l'épuiser ou à la détruire. C'est pourquoi l'Église invite la société à promouvoir des modes de vie respectueux de l'environnement et à intégrer cette préoccupation dans le développement économique et social. [...]
- ECONOMIE ET JUSTICE : Le travail demeure une nécessité fondamentale pour la structuration de la personne. C'est pourquoi l'objectif de toute politique économique doit être d'offrir à tous ceux qui se présentent, et en particulier aux jeunes, une perspective de travail et une véritable préparation à l'emploi. Une politique économique qui se résoudrait au maintien dans la dépendance vis-à-vis de l'État serait contraire à cet impératif. Les autorités publiques doivent créer les conditions d'une plus grande justice dans la vie économique en veillant à l'équité des salaires, des prix et des échanges. [...] Mais la société ne se limite pas aux échanges économiques : la gratuité à l'œuvre dans la vie associative et culturelle est une des conditions de sa vitalité. L’État doit encourager les citoyens à s'engager financièrement et personnellement dans des associations de tous ordres qui renforcent le tissu social.
- COOPERATION INTERNATIONALE : Le bien commun implique la paix entre personnes et entre nations. [...] Il appelle un partage des richesses et le développement des actions de coopération. Il passe par des institutions internationales dont le fonctionnement et les actions servent efficacement la dignité des personnes et des peuples. L'Église reconnaît à tout homme le droit d'émigrer pour améliorer sa situation, même s'il est regrettable que tous ne puissent pas survivre dans leurs pays. [...]
- HANDICAP : [...] Le dépistage prénatal systématique qui risque de déboucher sur l'élimination des personnes porteuses de certains handicaps remet en cause en son fondement même la solidarité envers le plus faible qui doit animer la société.
- FIN DE VIE : Toute personne, quel que soit son âge, son état de fatigue, son handicap ou sa maladie, n'en garde pas moins sa dignité. Pour cette raison, « l'euthanasie est une fausse solution au drame de la souffrance, une solution indigne de l'homme » (Benoît XVI) car elle vise, sous prétexte de compassion, à abandonner les personnes au moment où elles ont le plus besoin d'aide et d'accompagnement. [...] Le développement des soins palliatifs, fruit d'un progrès éthique et scientifique, doit être poursuivi pour que tous ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier.
- LAÏCITE : « Les catholiques n'entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique. En exprimant ce qu'ils pensent, ils ne vont pas à l'encontre de l'intelligence et de la liberté de jugement de ceux qui ne partagent pas leur foi. »
13:28 Publié dans Evangélisation, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.02.2012
Le rôle politique des catholiques
Quel rôle politique pour les catholiques français ?
Conférence exceptionnelle de
Jean-Miguel GARRIGUES
dominicain, institut Catholique de Toulouse
Académie Pontificale de Théologie
Mardi 13 mars 2012 à 20h
au Collège Supérieur - 17 rue Mazagran - Lyon 7°
Tarif : 9 € - 5 € étudiants & RSA
19:15 Publié dans Lyon, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.02.2012
A quoi bon l'économie ?
6° Cercle Montalembert (dimanche 12 février)
L'économie et l'Evangile : quelle parole chrétienne face à la crise ?
RV à partir de 8h00 au Collège Supérieur (17 rue Mazagran à Lyon 3°) le dimanche 12 Février 2012 - Portes grandes ouvertes !
Au programme : petit-déjeuner partagé ; à partir de 9h, conférence d'Yves Gavault, économiste ; exposés des membres du Cercle ; "atelier propagande" (entraînement au débat contradictoire) ; déjeuner fraternel...
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10.02.2012
Que manifestent les catholiques ?
Certains hommes de médias ont beaucoup crié au fascisme. Les catholiques dans la rue, ce serait la fin de la démocratie, disent les libres penseurs, ne voyant dans ces marches pourtant pacifiques qu’un retour du cléricalisme le plus dur. Il faudrait voir poindre au loin le retour de l’Inquisition et des Croisades, et de cette longue friture que fut l’histoire des catholiques en politique. Mais est-ce si évident ? Les catholiques sont-ils par essence hostiles à la démocratie ?
Ces manifestations montrent au contraire l’appétit renaissant des catholiques pour la démocratie, appétit dont on avait eu une vision fulgurante en 1984 [plus d'un million de personnes dans la rue pour défendre l'école libre contre le projet de loi Savary]. Rien n’est plus démocratique que ces tendres manifestations, qui loin de laisser déborder la colère des catholiques les plus ardents, la canalisent, et lui donnent la forme de mouvements politiques finalement assez communs. Voilà que les catholiques les plus bouillants rejoignent les syndicalistes les plus trompettants !
En somme, loin de voir dans ces manifestations un danger pour la démocratie, il faudrait y voir son salut. Car les catholiques acceptent de jouer le jeu de la démocratie en manifestant dans la rue. Et ils participent au débat ! Dans le cas de la Marche pour la vie, ils prétendent même ouvrir un débat. Ce que manifestent les catholiques dès lors ce n’est pas un repli identitaire, c’est au contraire une ouverture au débat, et même une ouverture du débat. Il est d’ailleurs notable que ce soit les catholiques les plus intransigeants qui acceptent avec le plus de verve de manifester. Car en démocratie tout ce qui manifeste est relatif, puisque tout ce qui manifeste est l’objet d’une contre-manifestation, d’une critique, voire, comme on l’a vu, d’un boycott. Ainsi ce que montrent les catholiques, peut-être à leur cœur défendant, c’est que la vérité peut être défendue même dans un espace pluraliste ; même dans une démocratie qui traite toutes les opinions à parts égales il reste une place pour la vérité. En somme, les catholiques ont compris que la vérité ne se passe pas d’une confrontation avec les autres opinions, mais aussi que l’opinion ne doit plus se passer des catholiques.
Le problème de la démocratie, c’est qu’elle n’a pas de contenu. Elle ne dit pas toute seule : ceci est bien, ceci est mal, respectez les plus fragiles, aidez votre prochain. On pourrait très bien imaginer une parfaite démocratie où ne vivraient que des démons, du moins où chacun vivrait dans l’individualisme le plus forcené. La démocratie a donc besoin qu’on lui fixe un programme. C’est précisément le rôle que prétendent jouer les catholiques en descendant manifester, levant haut leurs pancartes, et récitant des slogans comme il faut : eh oui, pour la vie, pour les tout petit, sauvez, sauvez, sauvez les bébés ! Ainsi les catholiques viennent remplir la liberté qui est donnée aux citoyens.
Les catholiques auraient compris qu’ils sont eux aussi une voix qui compte dans le débat démocratique, qu’ils sont des citoyens comme les autres. Pourtant ils subissent bien l’opprobre public, voire le boycott… C’est en ce sens qu’avec l’expérience de la démocratie, les catholiques font aussi l’expérience de sa limite. Car la démocratie demande que la vérité soit défendue avec force : il ne suffit pas de prononcer la vérité pour qu’elle soit entendue, il faut aussi posséder les moyens de la communiquer. La communication de la vérité ne se fait pas sans la possession des moyens de communication. Or c’est là la grande faiblesse des catholiques, qui n’ont aucun représentant dans les grands médias, et qui subissent soit le boycott soit l’outrage. Aucun grand média n’a fait mention de la grande marche pour la vie d’il y a dix jours : TF1 par exemple s’est contenté de quelques lignes sur son site internet, et il n’y aurait eu selon ce média que quelques centaines de manifestants, alors que la moindre photographie montre qu’ils étaient au moins quelques milliers. Cela montre peut être la prochaine étape du tournant démocratique des catholiques français : il ne suffit pas d’adopter la forme démocratique pour compter politiquement, il faut en plus y joindre la force, qui n’est pas (encore) la violence.
Article de Théopol, d'Alternatives catholiques, publié sur le blog du Collège Supérieur
23:56 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour une nouvelle économie politique
Manifeste pour une économie du bien-vivre : à lire sur le site du CERAS (Centre de recherche et d'action sociales) !
« Nous sommes arrivés à la fin d’un modèle de développement fondé sur l’illusion de la toute-puissance humaine et sur une vision productiviste du monde qui voit l’expansion économique comme une fin en soi... » Devant la finitude des ressources et la vitesse du changement climatique, le constat est désormais partagé par un large spectre d’analystes et de citoyens. Non content de dresser le constat, un groupe d’universitaires et de responsables de la société civile du monde entier en appelle à l’invention de modèles économiques alternatifs, fondés sur la notion de bien-vivre.
21:32 Publié dans Action, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.02.2012
Servir la vie ou l'asservir ?
13:34 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
6° Cercle Montalembert : A quoi bon l'économie ?
L'économie face à l'Evangile : quelle parole chrétienne ?

RV à partir de 8h00 au Collège Supérieur (17 rue Mazagran à Lyon 3°) le dimanche 12 Février 2012 - Portes ouvertes à tous !
Economie : du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer »
Alors que les débats font rage en ce temps de crise systémique - sur le "libéralisme", sur la finance, sur la monnaie, sur la croissance, sur la régulation, sur le libre-échange, sur la mondialisation, sur les délocalisations, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat, etc. - les Chrétiens ont-ils une vision particulière des problèmes économiques ? Quel peut être le rôle des laïcs catholiques que nous sommes dans la promotion d'une économie plus juste et solidaire ?
Quelles sont les causes de la crise économique violente que nous subissons ? Quelles peuvent être les alternatives concrètes ? Que nous apprend l'Evangile et la pensée sociale de l'Eglise sur l'économie ?
"Economie solidaire" ? "Logique du don" ? "Option préférentielle pour les pauvres" ? "Destination universelle des biens" ? "Propriété privée" ? Autant de notions fondamentales à éclaircir et à mettre en perspective pour mieux comprendre les enjeux posés par la crise économique actuelle et discerner quelles alternatives, nous Chrétiens, pouvons promouvoir au service d'une économie au service du Bien commun, de tout l'homme et de tous les hommes.
M. Yves Gavault, professeur d'économie et conseiller municipal de Saint Genis Laval, nous fera bénéficier de son expérience et de ses réflexions, à la lumière de l'enseignement social de l'Eglise.
Quelques liens :
- http://www.penseesociale.catholique.fr/-Economie-.html
- http://www.discours-social-catholique.fr/
- Pépinière des entreprises Saint-Irénée
- http://www.chretiens-et-pic-de-petrole.org/
- "Au nom de la foi, pour plus de justice fiscale"
- Association des Economistes Catholiques
- L’exigence écologique chrétienne (Jean Bastaire)
"L'économie ne fonctionne pas seulement par une autorégulation de marché, mais elle a besoin d'une raison éthique pour fonctionner pour l'homme. Ici apparaît à nouveau ce que Jean-Paul II avait déjà dit dans sa première encyclique sociale : l'homme doit être au centre de l'économie et l'économie ne doit pas se mesurer en fonction d’un plus grand profit mais en fonction du bien commun" - Benoît XVI, août 2011.
Pour orienter notre réflexion dans le sens de la pensée sociale de l'Eglise, ultime boussole, voici deux extraits du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :
174 : "Le principe de la destination universelle des biens invite à cultiver une vision de l'économie inspirée des valeurs morales qui permettent de ne jamais perdre de vue ni l'origine, ni la finalité de ces biens, de façon à réaliser un monde juste et solidaire, où la formation de la richesse puisse revêtir une fonction positive. En effet, la richesse présente cette valeur dans la multiplicité des formes qui peuvent l'exprimer comme résultat d'un processus productif d'élaboration technique et économique des ressources disponibles, naturelles et dérivées, conduit par l'imagination, par la capacité de programmation, par le travail des hommes, et employé comme moyen utile pour promouvoir le bien-être des hommes et des peuples et pour s'opposer à leur exclusion et à leur exploitation."
248 : "L'« économie » est née du travail domestique : la maison a longtemps été et continue d'être — dans de nombreux endroits — une unité de production et un centre de vie. D'autre part, le dynamisme de la vie économique se développe grâce à l'initiative des personnes et se réalise, en cercles concentriques, dans des réseaux toujours plus vastes de production et d'échange de biens et de services, qui touchent toujours davantage les familles. La famille doit donc être considérée, à bon droit, comme un acteur essentiel de la vie économique, orientée non pas par la logique du marché, mais par celle du partage et de la solidarité entre les générations." (Saint Joseph charpentier, Georges de La Tour, 1635)
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01.02.2012
Gender et Queer : révolution profonde ou effet de mode ?

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27.01.2012
Penser l'altérité
13:33 Publié dans Culture, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2012
Raviver le témoignage de l'Evangile
"Plus ou moins perçue, chaque culture a un point de vue spécifique sur la nature du bien et du mal, et donc sur ce qu'est le bien-être de l'homme. Ce ressenti [...] plonge ses racines sur une conception du monde fondée sur la foi, mais aussi sur des principes éthiques découlant du Dieu de la nature. Mais ces principes sont aujourd'hui fortement érodés par de puissants courants culturels qui s'opposent frontalement aux principes moraux judéo-chrétiens, et sont de plus en plus hostiles au christianisme... A temps et contretemps, l'Eglise [...] doit annoncer l'Evangile, et proposer ses vérités morales immuables qui sont indispensables au bonheur social et personnel... Avec sa longue tradition de respect du juste rapport entre foi et raison, l'Eglise a un rôle critique à jouer contre des courants qui, au nom d'un individualisme effréné, entendent promouvoir une liberté distincte de la morale. Elle doit défendre un raisonnement moral fondé sur la loi naturelle, qui n'est pas une menace de notre liberté mais un langage permettant de comprendre notre être, et sur lequel on peut bâtir un monde plus juste et plus humain... Le témoignage de l'Eglise, qui est aussi de nature publique, entend convaincre au moyen d'arguments rationnels. La juste séparation de l'Eglise de l'Etat ne peut être interprété comme un devoir de silence face à certains sujets, ni que l'Etat n'ait pas à entendre ce que les chrétiens ont à dire sur ce qui décidera le sort de la société".
"A la lumière de ces considérations, il est impératif que la communauté catholique [...] ait conscience des graves périls que court le témoignage public de l'Eglise en matière morale, face à un laïcisme radical croissant dans le monde politique et social... [...] Beaucoup d'entre vous m'ont signalé des tentatives de rejeter le droit à l'objection de conscience de fidèles ou d'institutions catholiques face à des pratiquement intrinsèquement mauvaises, ainsi qu'une tendance croissante préoccupante à réduire la liberté religieuses à l'exercice du culte, sans garantie de la liberté de conscience... On a donc besoin d'un laïcat catholique bien formé et courageux, au fort sens critique de la culture dominante, qui se dresse face à un sécularisme réductif qui voudrait délégitimer la participation de l'Eglise au débat public sur les questions fondamentales... Je tiens à saluer vos efforts pour maintenir le contact avec les fidèles qui se consacrent à la politique, afin de les renforcer dans leur responsabilité personnelle face aux choix et dans celle de témoigner de leur foi publiquement, en particulier dans le respect des grands principes que sont la défense de la vie, la dignité de la personne, la diffusion des droits humains véritables...
Toute personne réaliste ne peut ignorer les difficultés actuelles de l'Eglise. Mais ceci ne doit pas nous empêcher de croire nécessaire la préservation d'un ordre social enraciné dans la tradition judéo-chrétienne, et de croire dans une nouvelle génération de catholiques dont l'expérience et les convictions seront décisives pour maintenir et raviver le témoignage de l'Eglise dans la société [...]. Ces signes des temps doivent encourager une mobilisation les forces intellectuelles et morales de la communauté catholique au service de l'évangélisation de la culture et de la civilisation de l'amour".
Extraits d'un discours de Benoît XVI, le jeudi 19 janvier 2012
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08.01.2012
5° Cercle Montalembert : à quoi bon la Nation ?
A quelques semaines d'élections cruciales pour l'avenir de notre pays, aura lieu dimanche 15 janvier 2012 au Collège Supérieur, la cinquième matinée de formation du Cercle Montalembert, avec Jean-Noël Dumont, consacrée à l'idée de Nation : comment organiser la communauté politique face au(x) défi(s) du Bien commun ?
Pour orienter notre réflexion dans le sens de la pensée sociale de l'Eglise, ultime boussole, voici trois paragraphes du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :
157 - Le domaine des droits de l'homme s'est élargi aux droits des peuples et des nations : de fait, « ce qui est vrai pour l'homme l'est aussi pour les peuples ».Le Magistère rappelle que le droit international « repose sur le principe de l'égal respect des États, du droit à l'autodétermination de chaque peuple et de leur libre coopération en vue du bien commun supérieur de l'humanité ». La paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l'homme, mais aussi sur celui des droits des peuples, en particulier le droit à l'indépendance.
Les droits des nations ne sont rien d'autre que « les “droits humains” considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ». La nation possède un « droit fondamental à l'existence » ; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle » ; à « mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités »; à « construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations ». L'ordre international requiert un équilibre entre particularité et universalité, que toutes les nations sont appelées à réaliser ; leur premier devoir est de vivre dans une attitude de paix, de respect et de solidarité avec les autres nations.

168 - La responsabilité de poursuivre le bien commun revient non seulement aux individus, mais aussi à l'État, car le bien commun est la raison d'être de l'autorité politique. À la société civile dont il est l'expression, l'État doit, en effet, garantir la cohésion, l'unité et l'organisation de sorte que le bien commun puisse être poursuivi avec la contribution de tous les citoyens. L'individu, la famille, les corps intermédiaires ne sont pas en mesure de parvenir par eux-mêmes à leur développement plénier ; d'où la nécessité d'institutions politiques dont la finalité est de rendre accessibles aux personnes les biens nécessaires — matériels, culturels, moraux, spirituels — pour conduire une vie vraiment humaine. Le but de la vie sociale est le bien commun historiquement réalisable.
169 - Pour garantir le bien commun, le gouvernement de chaque pays a pour tâche spécifique d'harmoniser avec justice les divers intérêts sectoriels. La juste conciliation des biens particuliers de groupes et d'individus est une des fonctions les plus délicates du pouvoir public. En outre, il ne faut pas oublier que dans l'État démocratique, où les décisions sont prises d'ordinaire à la majorité des représentants de la volonté populaire, ceux à qui revient la responsabilité du gouvernement sont tenus d'interpréter le bien commun de leur pays, non seulement selon les orientations de la majorité, mais dans la perspective du bien effectif de tous les membres de la communauté civile, y compris de ceux qui sont en position de minorité.
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03.12.2011
Pourquoi "Alternatives Catholiques"
Rapide réponse à trois questions fondamentales
1- A quoi bon s’engager politiquement en tant que catholique ?
Parce qu’il y a des combats qu'aujourd’hui, seuls les catholiques peuvent mener. Personne ne défendra la dignité inaliénable de la vie humaine de la conception à la mort naturelle si les catholiques ne rappellent pas publiquement, à temps et à contre-temps, que toute vie humaine est sacrée. Ces combats ne sont pas moraux, ils sont spécifiquement politiques, car ils concernent les structures globales qui organisent notre société et favorisent l’anti-culture de mort. Si nous voulons qu’advienne vraiment la civilisation de l’amour, nous devons être au premier rang pour « animer chrétiennement l’ordre temporel » et entraîner tous les hommes de bonne volonté vers la lumière de l’Evangile. Notre voix n’existera et n’influencera les débats contemporains que si nous œuvrons à un engagement politique, c’est-à-dire structuré, rationnel et collectif, et non plus seulement individuel.
2- Quels sont les combats des catholiques aujourd’hui ?
Ils sont multiples, mais rejoignent tous ces trois exigences non-négociables : défense du caractère sacré de la vie humaine, protection du mariage et de la famille, liberté de conscience. C'est seulement à partir de ces fondements que nous pourrons bâtir une société pacifiée et une économie solidaires, respectueuses de la Création. Concrètement, le premier combat est celui de la formation : travailler pour que la parole des laïcs catholiques soit audible, non pas pour la rendre acceptable, mais pour en faire une réponse aux souffrances absurdes de notre temps. Parce que la foi n’est pas une affaire privée, mais une bonne nouvelle pour la cité, les catholiques ne peuvent plus garder pour eux les trésors de sagesse qu’ils ont reçus et qu’ils doivent partager.
3- Quel est le rapport entre la foi catholique et la politique ?
La foi n’est pas d’essence politique, mais elle a des implications politiques. Elle n’est pas non plus un programme politique, mais elle fixe des principes et des fins à l’action publique. C’est pour cela que la Doctrine Sociale de l’Eglise rappelle que « l’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale fait partie de la mission d’évangélisation de l’Eglise » (§7). Nous voulons ainsi contribuer à rassembler les chrétiens autour de cette vision à la fois unique et universelle de l'homme pour mieux servir le Bien commun. En tant que jeunes laïcs, nous voulons ainsi inventer une nouvelle évangélisation politique, et oeuvrer avec d'autres à une dynamique audacieuse et novatrice qui n’aura de fécondité que si elle s’accompagne d’une politisation des catholiques.
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11.11.2011
Nouveaux couples, nouveaux marchés
Texte d'une chronique radio de Theopol
« La chair et le sang importent peu au capitalisme ! »
Eram a lancé au début de cette année une campagne publicitaire ciblant ce qu’on appelle les nouveaux modèles familiaux. On y voit ces nouveaux couples avec à chaque fois une phrase de leur enfant : le couple lesbien « Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré », ou encore la famille recomposée « Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré », et enfin le couple d’âge différent « Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré ». Plus qu'un scandale moral, il faudrait y voir un phénomène économique : l'émergence d'une nouveau marché ?
Assurément, c’est la loi de toute publicité, il faut faire parler, et si possible choquer. Eram ne déroge pas à la règle, et veut choquer ce qu’il reste de bon sens. Mais peu importe le scandale moral, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que ce qui est présenté comme le progrès de « nouveaux modèles familiaux » est surtout un progrès pour le marché. En effet à quoi sert une publicité ? A conquérir un marché. Il suffit d’observer n’importe quelle publicité pour voir qu’elle s’adresse aux femmes, aux hommes, aux enfants, ou aux jeunes. A chaque catégorie sociologique ses codes, que le publicitaire doit déchiffrer pour séduire. Et là la publicité est très réactionnaire : rose pour les filles, viril pour les garçons, désinvolte pour les jeunes.
A bien considérer cette campagne publicitaire, c’est le marché de l’enfant unique qui est ici visé. Peu importe que le couple soit lesbien, recomposé, ou d’âge différent, chaque publicité présente un couple avec un unique enfant. Or cela a un sens avant tout économique. Imaginez une publicité avec une famille bien traditionnelle, une mère au chignon, un père à nœud papillon et grosses lunettes marrons, le couple étant entourés de leurs huit enfants. Maintenant inscrivez la même phrase qu’Eram : pour mes parents et mes septs frères et sœurs, la famille c’est sacré. On crierait au fachisme, ou au retour de l’intégrisme. Oui, on verrait là une apologie morbide de la fidélité doublée d’une ruineuse procréation non assistée. A vrai dire une telle publicité est impossible. La famille étant avec le monastère, la seule société communiste fonctionnant depuis les origines de l’humanité, les biens y sont divisés entre chaque membre ; donc pour une famille moyenne avec huit enfants, il ne reste pas grand-chose pour le shopping. Chaque nouvel enfant appelle un nouveau partage des richesses.
La richesse d’un foyer décroit en fonction du nombre d’enfants. C’est pourquoi Eram présente une famille avec un seul enfant : c’est celle qui par définition consomme le plus. La nouvelle famille serait donc surtout recomposée aux exigences du marché. Pour Eram, si « la famille c’est sacré », elle pourrait bien montrer aussi un papa et une maman avec leur unique enfant, et pas seulement la famille homosexuelle, recomposée, ou hétéro-générationnelle. Or ce n’est pas le cas. La famille avec un papa et une maman, ça c’est du passé. Peut-être parce que c’est le passé de la Consommation. Pour le capitalisme le couple hétérosexuel est has been, parce qu’il consomme moins, et a une fâcheuse tendance à se repasser les vêtements de l’aîné au benjamin. Mais alors les couples homosexuels sont-ils toujours aussi subversifs que l’étaient les Jean Genet et les Pasolini ? Pour le capitalisme en tout cas, ils ne sont ni déviants ni pécheurs, ils sont de meilleurs consommateurs. Tout se passe comme si l’homosexualité était devenue un marché comme un autre : les couples homosexuels n’ont pas encore des droits reconnus, mais on les reconnaît déjà comme des consommateurs qu’il faut séduire.
Pour le capitalisme, le couple hétérosexuel est donc un modèle dépassé ?
Oui, et il mérite d’être sacrifié, c’est pour cela qu’Eram ne fera jamais de publicité qui lui serait consacrée. Les familles au vrai sens du terme ne méritent plus d’être habillées par Eram. Et en effet, en lisant la page Facebook d’Eram j’ai lu cette phrase d’une mère de famille désabusée : « vous venez de perdre huit clients ». C’est vrai que la famille sacrée dont parle Eram n’est pas ce que depuis des milliers d’année on appelle famille, c'est-à-dire non pas une simple association d’individus, fussent-ils issus de l’amour de deux êtres, mais association issue de l’engendrement. C’est par l’engendrement que la famille se distingue des autres associations : l’école, l’entreprise, les bonnes œuvres ne supposent pas que tous leurs membres soient nés d’un acte charnel.
Ainsi Eram confond le couple et la famille. Or le couple n’est pas la famille : le couple c’est l’association de deux individus, la famille c’est la lignée issue d’un engendrement. Pour qu’il y ait une famille il faut deux choses, il faut qu’il y ait de la chair et du sang. Ce n’est pas l’amour qui fonde la famille, c’est l’engendrement. Qu’une brute charme un soir une idiote, et que par mégarde un rejeton en naisse, cela suffit pour qu’il y ait famille. Mais qu’un amoureux regarde avec le plus d’intensité possible son amoureuse (ou son amoureux), cela ne fera pas famille, car aucun poupon n’est jamais né d’un sentiment. Pas de famille sans possibilité au moins organique d’engendrer. La famille n’existe pas d’abord par la volonté, mais par deux chairs qui en font naître une troisième, liée au deux premières par les liens du sang. Mais la chair et le sang importent peu au capitalisme.
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23.03.2011
L'exigence du mieux
Dans son Manifeste pour un christianisme engagé (Salvator, 2007), Thibaut Dary revient sur ce qu’implique la notion de points « non-négociables » :
«[S]i les chrétiens reconnaissent que le gouvernement des affaires terrestres est « l’art du possible », et qu’il faut parfois choisir un « moindre mal », cette logique a une condition en matière électorale, qui est celle de participer à un mouvement d’amélioration […] En résumé, on ne peut pas voter pour quelqu’un qui va empirer les choses sous l’unique prétexte que son adversaire va les empirer encore plus : […] le moins pire des deux gagnerait alors à ce jeu le soutien automatique des chrétiens. On voit qu’on passe alors de la logique de moindre mal à celle du moindre pire. […]
Or, nous ne pouvons être tenus de collaborer à un progrès dans le mal, même s’il s’agit d’un moindre progrès. […] Il vient un moment où la conscience des chrétiens doit opposer un non possumus aux pratiques ou projets de l’époque, et je crois que ce moment est venu. C’est une attitude radicale, qui n’aura du sens que si elle est relayée par plus en plus de croyants à moyen ou long terme. […]
Avec l’idée d’un moindre mal relatif, on crée un sophisme mental qui entraîne la collaboration formelle avec le mal et le pire.
[E]st-ce que les catholiques ne devraient pas désormais monnayer leur vote, de façon massive, sans état d’âme, quitte à faire de la surenchère face aux partis ? Ma voix contre une loi, ma voix au plus offrant, sinon je m’abstiens » (Via le SB)
Autrement dit, un Catholique ne peut ni ne doit choisir entre deux pires, entre la peste et le choléra, entre Charybde et Scylla, entre...
11:30 Publié dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note













